COLLOQUE INTERNATIONAL
Histoire et Histoire du droit
Nîmes Université, 10-11 décembre 2026
Les violences intrafamiliales : conception, perception et répression, de l’Antiquité au Moyen Âge
Ce colloque international, organisé par Nîmes Université les 10-11 décembre 2026, se propose d’explorer la question des violences intrafamiliales – leurs conceptions, perceptions et répressions – depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge, dans une Europe de culture chrétienne (de l’Occident latin à l’Orient byzantin). L’objectif est de croiser différentes approches historiques, juridiques, anthropologiques, sociologiques et littéraires pour enrichir la compréhension de ces violences comme phénomène historique, en soulignant l’écart entre normes et pratiques, et en les reliant aux enjeux contemporains. Les communications devront respecter une chronologie de l’Antiquité à la fin du XIIIe siècle.
Axes thématiques
Les contributions pourront s’inscrire dans les axes suivants mais aussi proposer une approche originale :
- Les conceptions de la famille : Comment les diverses formes de la famille (oikos, genos, familia, gens, maisnie, lignage,…) influencent-elles la perception des violences intrafamiliales ? Les évolutions sociales déterminent-elles une évolution de cette perception ? Quelles en sont les spécificités culturelles ?
- La définition et les formes de la violence : Quelle(s) définition(s) est-il possible de retenir pour la violence, notamment dans un cadre inégalitaire (autorité paternelle), et celle-ci peut-elle varier dans une même société en fonction des familles ? Quelle est la nature des violences intrafamiliales (physique, psychologique, juridique, économique, symbolique…) ? Existe-t-il une continuité entre les époques ?
- Les normes et leur application : Quels sont les cadres (juridiques, religieux, sociaux…) qui définissent les violences intrafamiliales ? Existe-il une différence entre la norme et la pratique ? À qui bénéficie la protection normative et quelle est son poids pour les personnes soumises (femmes, enfants, esclaves ou domestiques) et marginales (enfants naturels et adultérins) ?
- Les formes de la répression et de la régulation : Quels sont les mécanismes et les institutions (juridictions domestiques, lois, sanctions religieuses, justice seigneuriale / royale, recours à un arbitrage…) qui répriment ou encadrent les violences ?
- La famille comme reflet de la société : Les violences intrafamiliales reflètent-elles des tensions plus générales (sociales, économiques ou politiques) présentes dans la société ? Existe-il une particularité des violences au sein de la famille ?
- Les sources et les représentations : Quelles sont les sources (juridiques, littéraires, épigraphiques, philosophiques, religieuses…) qui décrivent les violences intrafamiliales et comment en rendent-elles compte ? Quelles représentations (sociale, philosophique, politique, esthétique ou religieuse) caractérisent ces violences ? S’agit-il d’une dénonciation ou d’une légitimation ?
- Les émotions, sentiments et relations : Quel rôle jouent les émotions et les sentiments (colère, jalousie, déception, honneur) dans les conflits familiaux ? Comment les relations affectives coexistent-elles avec la violence ?
- Les adaptations individuelles et collectives face aux violences dans la famille : Dans un cadre censé être unitaire, communautaire voire protecteur comme la famille, quelles sont les difficultés, réactions et stratégies (silence, honte, tabou, invisibilisation, résilience, résistance, émancipation, dénonciation, promotion…) face aux violences intrafamiliales ?
- Les « cycles » de la violence : Existe-t-il une transmission de la violence entre les générations (modèles et éducation) ? Quels sont les impacts d’une violence perpétuée ?
Modalités de soumission
Les propositions de communication doivent être adressées aux organisateurs par courrier électronique,
avant le 28 février 2026.
Elles pourront être en anglais, italien ou français, et elles doivent être accompagnées d’un résumé de 1000 mots maximum précisant le titre, l’axe thématique, la période étudiée, les sources mobilisées et l’approche adoptée (histoire, histoire du droit, anthropologie historique etc.), ainsi qu’une brève notice biographique (affiliation institutionnelle, domaine de recherche). Le comité scientifique fera connaître les contributions retenues fin mai 2026.
Organisateurs et contacts
- Isabelle Guizard Ortega, Maître de conférences en Histoire médiévale, Nîmes Université (isabelle.guizard-ortega@unimes.fr).
- Guilhem Bartolotti, Maître de conférences en Histoire du droit, Nîmes Université (guilhem.bartolotti@unimes.fr).
Comité scientifique
- Aurélie Damet, Maître de conférences en Histoire grecque, Université Paris I Panthéon- Sorbonne.
- Jérôme Devard, Spécialiste en Histoire du droit et littérature médiévale, Université de Poitiers, Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale.
- Elena Giannozzi, Professeur d’Histoire du droit, Université de Lille.
- Victoria Vanneau, Ingénieur de recherche au CNRS, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice.
- Pascal Vielfaure, Professeur d’Histoire du droit, Université de Montpellier.