CfP: Engagements, acteurs et agentivité dans les communismes en Espagne au XXe siècle (French, Spanish and Catalan)

Call for Papers, deadline 15 March 2026

Paris/France

Afin de contribuer aux développements historiographiques et d’établir des ponts entre les recherches des deux côtés des Pyrénées, cet appel à communications invite les jeunes chercheurs et chercheuses à présenter leurs travaux sur les communismes en Espagne — ou sur leur projection et leurs connexions internationales — tout au long du XXe siècle, en se focalisant sur les trajectoires, les expériences, les engagements, les biographies et les formes d’agence de leurs acteurs. La journée d’études se tiendra à Paris le 28 mai 2026.

Au début des années 1990, l’histoire sociale a connu un processus de redéfinition qui a conduit à repenser la manière d’appréhender la relation entre les structures et les acteurs. Ce tournant a favorisé l’intégration d’approches issues de l’histoire culturelle, de l’anthropologie historique ou de la sociologie, permettant d’examiner plus attentivement comment se construisent les expériences et les pratiques des acteurs historiques dans leurs contextes.

La reformulation de concepts tels que la subalternité, [ii] le genre, [iii] la mémoire [iv] ou l’identité, [v] la problématisation des critères de validation empirique et de la définition de « source », les débats sur les formes de narration, ainsi que le développement de perspectives transnationales et globales, [vi] ont contribué au renouvellement — de diverses manières — de la réflexion sur l’action et la réflexivité individuelle des acteurs.

L’étude historique des mouvements sociaux a particulièrement bénéficié de ces transformations. Les pratiques, les représentations, les expériences et les attitudes des acteurs et des communautés ont pris une place centrale dans de nombreuses recherches récentes, dans un champ historiographique qui ne cesse de progresser. [vii] Cela est visible dans l’historiographie du communisme en Espagne, qui, ces dernières années, a intégré des contributions alignées sur les débats internationaux et avec une perspective socioculturelle plus large. Dans le cadre de cette dynamique, on peut citer quelques exemples notables, tels que les études sur le communisme en Catalogne — et en particulier sur le Partit Socialista Unificat de Catalunya (PSUC) —, qui ont constitué un champ dynamique et inspirant pour d’autres cas en mettant l’accent sur l’ancrage territorial, les pratiques militantes et la dimension sociale de l’engagement politique. [ix] À ceux-ci s’ajoutent de nouvelles recherches — thèses de doctorat, travaux en cours et premières publications — qui reflètent un renouveau générationnel en cours. [x]

Dans cette perspective, l’intérêt pour les individus — leurs parcours, leurs expériences et leurs formes de participation — est devenu central L’attention portée au rôle des acteurs, à leurs pratiques quotidiennes et à leurs formes d’engagement et de sociabilité constitue aujourd’hui une voie essentielle pour comprendre les processus historiques, en particulier dans les mouvements où la dimension organisationnelle et l’expérience personnelle s’entrecroisent.

Afin de contribuer à cette discussion collective, cet appel à communications invite les jeunes chercheurs et chercheuses à présenter leurs travaux sur les communismes en Espagne — ou sur leur rayonnement et leurs connexions internationales — tout au long du XXe siècle, en se concentrant sur les parcours, les expériences, les engagements, les biographies et les formes d’action de leurs acteurs, avec une conception plurielle des « communismes » qui insiste sur la multiplicité des formes d’engagement politique qui émanent de la même matrice idéologique et politique, comme cela se fait depuis plusieurs décennies dans les études sur la gauche radicale. [xi]

Nous invitons à proposer des contributions qui abordent ces questions à partir de différentes définitions historiques du communisme et d’approches théoriques ou méthodologiques variées, en particulier dans les axes de recherche suivants :

Axe 1 – Engagements partagées : antifascisme, compagnons de route et solidarités transversales.

Axe 2 – Relations de genre, expériences de l’intimité et perspectives générationnelles.

Axe 3 – Subjectivités en conflit : trajectoires, répressions, clandestinités, dissidences et mémoires.

Axe 4 – Sociabilités en mouvement : circulations transnationales et connexions mondiales.

Modalités de contribution

Les communications pourront se faire en catalan, en espagnol ou en français. Les propositions de communication devront inclure une présentation du sujet, de la méthodologie et des sources ainsi que présenter succinctement le caractère novateur de l’approche. Les résumés des propositions ne devront pas dépasser les 350 mots. Une courte bibliographie (max. 10 références) pourra être ajoutée.

Les propositions sont à envoyer avant le 15 mars 2026 à l’adresse suivante : jornada.comesp@gmail.com

Cette journée d’études est principalement dédiée aux jeunes chercheurs·euses dont les recherches entrent en contact avec l’histoire du communisme en Espagne, indépendamment de leur discipline et de leur spécialité. 

Calendrier :

  • 15 mars 2026 : Date limite d’envoi de propositions de communication
  • Fin mars 2026 : Notification d’acceptation ou de refus des propositions
  • 28 mai 2026 : Journée d’études au Centre d’Études Catalanes (9 Rue de la Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris)

Comité d’organisation 

  • Diego de la Calle y Díaz (CRH, École des Hautes Études en Sciences Sociales)
  • Pablo Gil Valero (Lycée Simone Weil, Paris)
  • David Marcilhacy (CRIMIC, Sorbonne Université)
  • Françoise Martinez (CRIMIC, Sorbonne Université)
  • Michel Martínez Pérez (CRIMIC, Sorbonne Université)
  • Mercedes Yusta Rodrigo (LER, Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis)

Cette journée d’études est coorganisée par les axes Études Catalanes et IBERHIS du CRIMIC.

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[i] Juliá, Santos. “La Historia Social y La Historiografía Española.” Ayer, no. 10, 1993, pp. 29–46 ; Revel, J. Jeux d’échelles. La micro-analyse à l’expérience. Paris : Gallimard / Seuil, 1996. 

[ii] Cerutti, S. Who is below ? Annales. Histoire, sciences sociales, vol. 70, No. 4, Éditions de l’EHESS, pp. 931-956, 2015.

[iii] Tilly, L. A., Yvon-Deyme, B., & Deyme, M. Genre, histoire des femmes et histoire sociale. Genèses, (2), 148-167, 1990

[iv] Magnússon, S. G. Social History as “Sites of Memory” ? The Institutionalizaton of History : Microhistory and the Grand Narrative. Journal of Social History, 39(3), 891-913, 2006.

[v] Tilly, C. “Citizenship, identity and social history”. International review of social history, 40(S3), 1-17, 1995.

[vi] Charle, C. “Histoire sociale, histoire globale ?”. Vingtième Siècle. Revue d’histoire, (23), 124-129, 1989.

[vii] Par exemple : Revista Ayer, La Alltagsgeschichte y el estudio de las dictaduras europeas. 2024, Vol 133, No 1.

[viii] Voir Cruz Chamizo, Laura. “Un silencio multitudinario : La matanza de Atocha y la contención emocional comunista.” Ayer, 124(4), 307–329, 2021 ; Fernández Rincón, Javier. Maoístas en Euskadi. La Agrupación de Trabajadores Marxistas-Leninistas de Euskadi. Madrid : Cisma, 2021 ; Rueda Laffond, José Carlos. “El peso de la historia : Memoria colectiva y repertorios simbólicos en un siglo de comunismo” en F. Erice Sebares y D. Ginard Féron (eds.), Un siglo de comunismo en España II. Presencia social y experiencias militantes. Madrid : Ediciones Akal, pp. 39–60, 2022 ; Hernández Sánchez, Fernando. El torbellino rojo. Auge y caída del Partido Comunista de España. Barcelona : Pasado y Presente, 2022 ; Rosano, Mario. “Cultura política, historiografía y comunismo en España”. Ayer, no. 130, pp. 329-341, 2023 ; Ginard i Féron, David. “La historiografía española sobre el comunismo. De los orígenes a la actualidad (1920-2020)” en Erice, Francisco (dir.). Un siglo de comunismo en España II, Madrid, Akal, pp. 11-37, 2022 ; Bueno Lluch, Manuel y Gálvez Biesca, Sergio (eds.). Nosotros los comunistas. Memoria, identidad e historia social, Sevilla : Fundación de Investigaciones Marxistas-Atrapasueños, 2004 ; Valobra, Adriana y Yusta, Mercedes. Queridas camaradas. Historias iberoamericanas de mujeres comunistas, Buenos Aires : Miño & Dávila, 2017.

[ix] Cebrián, Carme. Estimat PSUC. Editorial Empúries, 1997 ; Ferrer González, Cristian. “La fase expansiva del antifranquismo, 1962-1976 : presencia, espacios y redes del PSUC en comarcas”. Nuestra Historia, 3, 18-38, 2017 ; Molinero i Ruiz, Carme y Ysàs, Pere. Els anys del PSUC : El partit de l’antifranquisme (1954-1981, L’Avenç, 2010. Pala, Giaime. “El militante total. Identidad, trabajo y moral de los comunistas catalanes bajo el franquismo”. Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, no. 10, 2013 ; Sancho Galán, Jordi. El antifranquismo en la universidad. Catarata, 2024.

[x] Uría, Jorge. “La historia social hoy.” Historia Social, no. 60, 2008, 233–248. 

[xi] Laíz, Consuelo. La izquierda radical en España durante la transición a la democracia. Madrid : Universidad Complutense de Madrid, 2003.

Lieu

  • Paris, France

Format de l'événement

  • Événement sur place

Dates

  • Sonntag, 15. März 2026

Mots-clés

  • communism, cultural history, transnational history, history from below
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