Colloquium "Culture de la résistance : entre histoire, mémoire et imaginaire" (French)

Event, 15 July 2026

Bejaia/Algeria

Dans ce cadre, « la culture de la résistance » est envisagée comme un concept dépassant l’action militaire et la décision politique pour inclure la mémoire collective, l’imaginaire social, les systèmes de valeurs, les symboles et les récits ayant accompagné le processus de libération. La résistance n’est pas une simple réaction circonstancielle, mais un long processus culturel ayant façonné l’identité nationale et structuré la conscience collective, dont les racines plongent dans la profondeur historique, les effets se prolongent dans les représentations du présent et les enjeux se projettent dans les défis contemporains.

Le Haut Commissariat à l’Amazighité organise le colloque international intitulé « Culture de la résistance : entre histoire, mémoire et imaginaire », en coordination avec le Ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, la Commission Nationale de l’Histoire et de la Mémoire, ainsi que la Direction Générale des Archives Nationales auprès de la Présidence de la République, en partenariat avec la wilaya de Béjaïa, le Laboratoire TECLANG de l’Université M’Hamed Bougara de Boumerdès, et la Société algériennesavante d’onomastique (SASO).Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre des activités commémoratives du soixante-dixième anniversaire du Congrès de la Soummam (20 août 1956 - 20 août 2026), qui constitue une étape charnière dans le parcours de la révolution algérienne et un tournant décisif dans son organisation, son encadrement politique, militaire et institutionnel, ainsi que dans l’affirmation des fondements de la conscience nationale moderne.

Le Congrès de la Soummam, tenu du 13 au 20 août 1956 dans la vallée de la Soummam, a contribué à structurer l’action révolutionnaire à travers la définition de références politiques, l’organisation de la direction, la consolidation de l’unité décisionnelle nationale et l’élargissement du champ de la résistance. Il a renforcé la cohésion du mouvement révolutionnaire et donné à la cause algérienne une dimension nationale et internationale plus affirmée. Le congrès est ainsi devenu une référence fondatrice dans la mémoire collective, non seulement comme événement organisationnel, mais comme moment clé dans l’élaboration d’une vision politique intégrée de la libération.

La tenue du colloque à Bejaïa revêt une portée symbolique particulière, en raison de son ancrage historique et culturel profond dans l’imaginaire national. Le choix de cet espace géographique dépasse la dimension spatiale pour réactiver un contexte symbolique reliant l’événement à ses références humaines et territoriales, et affirmant la continuité du sens entre passé et présent.

Dans ce cadre, «la culture de la résistance» est envisagée comme un concept dépassant l’action militaire et la décision politique pour inclure la mémoire collective, l’imaginaire social, les systèmes de valeurs, les symboles et les récits ayant accompagné le processus de libération. La résistance n’est pas une simple réaction circonstancielle, mais un long processus culturel ayant façonné l’identité nationale et structuré la conscience collective, dont les racines plongent dans la profondeur historique, les effets se prolongent dans les représentations du présent et les enjeux se projettent dans les défis contemporains.

Ainsi, le colloque vise à proposer une relecture scientifique, critique et rigoureuse de l’expérience révolutionnaire, fondée sur des approches pluridisciplinaires s’appuyant sur les sources et les témoignages historiques en tant que capital cognitif et humain essentiel à la compréhension du passé.

Il ambitionne également d’ouvrir un espace académique de dialogue autour des dimensions politiques, culturelles et symboliques de la résistance, afin de renforcer l’articulation entre la recherche scientifique et la responsabilité mémorielle, et de contribuer à l’ancrage d’une conscience historique équilibrée, attentive à la portée à la fois libératrice et civilisationnelle de l’expérience nationale.

Problématique scientifique

Le colloque s’articule autour d’une question centrale : comment la culture de la résistance se construit-elle à l’intersection de l’histoire, de la mémoire et de l’imaginaire, et comment contribue-t-elle à la formation du sujet collectif et à l’élaboration de l’identité dans des contextes de domination, de colonisation et de post-colonialité ?

La culture de la résistance ne se réduit pas à une réaction circonstancielle face aux formes de domination ; elle se comprend comme un processus continu qui se manifeste dans les langues, les récits oraux et écrits, les productions littéraires et artistiques, les pratiques symboliques, ainsi que dans les politiques éducatives et culturelles. Elle constitue ainsi un champ privilégié pour penser l’histoire et préserver la mémoire.

À partir de cette perspective, le colloque entend adopter une approche pluridisciplinaire réunissant l’histoire, la littérature, la linguistique, la sociologie, l’anthropologie, les études culturelles, la traduction et la didactique des langues, afin de permettre une compréhension approfondie des relations complexes entre culture, mémoire et identité.

La rencontre ambitionne d’être un espace de dialogue scientifique international, rassemblant des chercheurs spécialisés pour aborder les enjeux de la mémoire, des cultures de la résistance et des imaginaires dans leurs dimensions spatiales et temporelles variées. Dans une perspective comparative, il s’agit d’étudier la résistance non seulement comme un événement historique ou une position politique, mais comme une construction culturelle et mémorielle qui se déploie dans les langues, les récits, les représentations et les pratiques symboliques.

Dans ce cadre, les productions culturelles deviennent un lieu d’affirmation et de continuité historique : les littératures, les langues et les arts participent à l’élaboration d’une mémoire collective fondée sur la dignité et l’appartenance. ; Le cadre théorique du colloque s’appuie sur des références intellectuelles et littéraires qui envisagent la création comme un acte culturel de résistance, capable de reformuler l’identité et d’incarner la mémoire dans des contextes coloniaux et postcoloniaux.

Ainsi, le concept de culture de la résistance implique de dépasser une conception événementielle et restrictive de la résistance pour la considérer comme un processus historique et mémoriel continu. Cela ouvre la voie à des interrogations sur la formation des récits de lutte, de survie et de dignité, ainsi que sur le rôle des langues, des productions artistiques et des représentations symboliques dans la construction d’une mémoire collective durable.

Les axes de réflexion s’articulent autour des questions suivantes :

  • Comment la culture devient-elle un espace de résistance ?
  • Comment l’histoire et la mémoire interagissent-elles dans l’élaboration des récits de résistance ?
  • Quel rôle joue l’imaginaire collectif dans la circulation et la reconfiguration de ces récits ?
  • Comment les expressions littéraires, artistiques, orales et écrites contribuent-elles à la construction d’une mémoire partagée ?
  • Comment la culture de la résistance se maintient-elle dans les contextes contemporains marqués par la mondialisation et les mutations technologiques ?

Ces interrogations consacrent une compréhension de la résistance comme dynamique historique et culturelle fondée sur un dialogue continu entre passé et présent, entre mémoire et création.

Objectifs scientifiques

Le colloque vise à :

  • Mettre en lumière le rôle du Congrès de la Soummam dans la structuration d’une culture collective de la résistance.
  • Renforcer le dialogue scientifique pluridisciplinaire.
  • Analyser la dialectique entre histoire, mémoire et imaginaire.
  • Valoriser les productions culturelles dans la construction des récits nationaux.
  • Développer une approche comparative à dimension internationale.
  • Promouvoir le patrimoine mémoriel comme levier de recherche et de renouvellement intellectuel.

Axes du colloque

 Axe 1 : Le Congrès de la Soummam – Étude historique

  • Contextes historiques
  • Transformations internes et externes
  • Dimension unificatrice du Congrès dans la construction de l’État algérien

Axe 2 : Résistance – Définitions et approches croisées

  • Résistances culturelles, linguistiques et onomastiques
  • Culture de la résistance face à la culture de la domination
  • Dimension géographique et unificatrice

Axe 3 : Littérature de la résistance

  • Temps historiques et figures symboliques
  • Influence des diasporaset circulations transnationales
  • Écriture féminine, genre, traditions et modernité

Axe 4 : Oralité et écriture

  • Contes, chants, poésie orale comme mémoire
  • Figures héroïques populaires
  • Analyses comparatives internationales

Axe 5 : Culture de la résistance, imaginaire et esthétique

  • Innovation linguistique et stylistique
  • Mythes et croyances
  • Traduction littéraire et enjeux culturels

Axe 6 : Enseignement, transmission et politiques éducatives

  • Didactique des langues et pensée critique
  • Écriture de l’histoire dans les langues nationales
  • Politiques éducatives et valorisation du patrimoine

Modalités de contribution

 Les propositions doivent comporter :

  •  Le titre de la communication
  • Nom et prénom
  • Institution universitaire
  • Résumé (300 mots)
  • Cinq mots-clés
  • Une courte biographie doit être jointe et envoyée à : secretariat@hcamazighite.dz
  • Langues du colloque : Arabe – Amazighe – Français – Anglais

Calendrier

  • Date limite d’envoi des résumés : 1er mai 2026
  • Notification d’acceptation : 1er juin 2026
  • Programme final : 5 juillet 2026
  • Dates du colloque : 19–20 août 2026

Président du colloque

  • M. Assad Si El Hachemi, Secrétaire Général du Haut Commissariat à l’Amazighité

Comité scientifique :

  • Dr Zeghidi Mohamed Lahcene, président de la Commission Nationale de l’Histoire et de la Mémoire, Président du comité scientifique.
  • Benramdane Farid, Professeur de l’Enseignement Supérieur et Président de la Société algerienne savante d’onomastique, Président du comité scientifique.
  • Lang FafaDanfa, Directeur Exécutif du Centre Panafricain pour la Compétence Culturelle et Linguistique (PACCL), Gambie, Membre.
  • Louloub Habib Hassan, président de l’Association des Recherches et des Etudes pour l’Union du Grand Maghreb, Université de Carthage, Tunisie, Membre.
  • Maghdouri Hassane, Directeur du Musée National du Moudjahid, représentant du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, membre.
  • Medjahed Leila, Professeure de l’Enseignement Supérieur, Directrice du Laboratoire de Recherche TECLANG, Université Mohamed Bougara de Boumerdès, Membre.
  • Hareche Mohamed El Hadi, Professeur de l’Enseignement Supérieur, Université Abou El Kacem Saâdallah, Alger, Membre.
  • Ziki Ali, Enseignant à l’Université Abou El Kacem Saâdallah, Alger, membre.
  • Outmani Settar, Enseignant à Université Abderrahmane Mira, Béjaïa, Membre.
  • Hamzaoui Mourad, Directeur des Moudjahidine et des Ayants droit de la wilaya de   Béjaïa, représentant du wali de la wilaya de Béjaïa, Membre.
  • Kacimi Zine Eddine,Enseignant à Université Akli Mohand Oulhadj Bouira, Membre.

Lieu

  • Bejaia - Université Abderrahman Mira
    Bejaia, Algerien (06000)

Format de l'événement

Événement online

Date

  • Vendredi 01 mai 2026

Mots-clés

  • résistance, culture, histoire, mémoire, imaginaire, colonialisme, arts

Contact

  • Si El Hachemi Assad
    courriel : assadsielhachemi [at] hcamazighite [dot] dz
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