Social and Labour History News

METROLAND - Terres à vendre. Transactions, inégalités, mobilisations. Dialogues depuis les périphéries des métropoles africaines (French)

3 months 1 week ago

Paris/France

Ces journées présenteront les principaux résultats de quatre années de recherche menées dans les périphéries de Nairobi, Dakar et Bamako en dialogue avec des chercheur·es en sciences humaines et sociales et analyse spatiale se saisissant de ces questions, depuis le continent africain et au-delà. Tables rondes bilingues, exposition de photographies de terrain, images satellites et visualisations inédites viendront nourrir les discussions.

Présentation

L’équipe du programme ANR METROLAND: Commodifying Land: Capital, Inequalities and Conflicts in Sub-Saharan African Metropolitan Peripheries a le plaisir de vous convier à ses journées d’étude de clôture, organisées les 2 et 3 juillet prochains à l’Université Paris Cité (Bâtiment Olympe de Gouges, Paris 13e), avec le soutien de l’ANR, de l’IRD et du Comité technique Foncier & Développement.

Intitulées "Terres à vendre. Transactions, inégalités, mobilisations. Dialogues depuis les périphéries des métropoles africaines", ces journées présenteront les principaux résultats de quatre années de recherche menées dans les périphéries de Nairobi, Dakar et Bamako en dialogue avec des chercheur·es en sciences humaines et sociales et analyse spatiale se saisissant de ces questions, depuis le continent africain et au-delà. 

Les périphéries des métropoles africaines constituent l’un des principaux fronts de l’urbanisation mondiale. Ces journées d’étude offriront un espace de discussion collective autour des dynamiques contemporaines d’urbanisation en Afrique subsaharienne : marchés fonciers et chaînes de valeur, sociologie de la propriété, inégalités sociospatiales, conflits et mobilisations autour de la terre, habitabilité de ces territoires en transition. 

Tables rondes bilingues (traduction simultanée anglais-français), exposition de photographies de terrain, images satellites et visualisations inédites viendront nourrir les discussions.

Pour en savoir plus sur le projet Metroland.

Programme

Le programme détaillé en français et lien d'inscription 

Le programme détaillé en anglais et lien d'inscription  

Jeudi 2 juillet
  • 8h45 : Accueil des participant.es
  • 9h-9h15 : Genèse des journées d’étude et hommage à Éric Denis
9h15 - 11h : Table ronde « Usage et dynamique des sols. Appréhension cartographique, géomatique et IA »
  • Avec Cathy Chatel (Paris Cité-CESSMA, METROLAND), José Luis San Emeterio (Africapolis), Jean-Philippe Lestang (IGN-FI)
  • Animation Momar Diongue (UCAD, METROLAND) 
11h15 - 13h : Table ronde « Négocier la terre. Dynamiques individuelles et collectives »
  • Avec Arthur Bertucat (Nanterre Université-Mosaïques), Fatoumata Camara (USSGB, METROLAND), Claire Simonneau (Gustave Eiffel-EUP, METROLAND)
  • Animation Dennis Muthama (Nairobi University) 

13h - 14h : Pause déjeuner

14h -15h45 : Table ronde « Capitalisme, propriété foncière et formes urbaines »
  • Avec Bérénice Bon (IRD-CESSMA, METROLAND), Armelle Choplin (Université de Genève, METROLAND), Corten Pérez-Houis (UMR Géographie-Cités)
  • Animation Monique Bertrand (IRD-CESSMA, METROLAND)

Projection Plot Twist. City on Hold. Marine Frantz (UMR Géographie-Cités)

16h30 - 17h30 : Échanges avec la salle

17h30 : Cocktail et déambulation autour des photographies et posters (Bamako, Dakar, Nairobi) 

Vendredi 3 juillet

8h45 : Accueil des participant.es

9h - 10h45 : Table ronde « Périphéries en construction : parcellaire, bâti et accès aux services »
  • Avec Momar Diongue (UCAD, METROLAND), Sylvy Jaglin (Gustave Eiffel-EUP), Dennis Muthama (Nairobi University)
  • Animation Marie-Hélène Zérah (IRD-CESSMA)
11h - 13h : Table ronde « Habitabilité et inégalités en périphéries métropolitaines »
  • Avec Laurent Bazin (CNRS-CESSMA), Monique Bertrand (IRD-CESSMA, METROLAND), Claire Mercer (LSE)
  • Animation Bérénice Bon (IRD-CESSMA, METROLAND)

13h - 14h : Pause déjeuner

14h -16h : Table ronde « Mobilisations pour la terre et pour la ville »
  • Avec Chloé Buire (CNRS-LAM), Mamadou Kouma (USSGB, METROLAND), S.A. Lahat Ndiaye (UCAD, METROLAND)
  • Animation Philippe Lavigne Delville (IRD-SENS, METROLAND)

16h15 - 17h15 : Échanges avec la salle

17h15 - 17h30 : Mots de conclusion des deux journées

Accès

Salle 105

Bâtiment Olympe de Gouges (n°10 sur le plan)

Université Paris Cité

Métro : Ligne 14 et RER C , station "Bibliothèque F. Mitterrand" 

Bus : Lignes 62-89-325, terminus "Porte de France"

Tram : Tram T3 arrêt "Avenue de France"

Inscription

Pour des raisons d'organisation des repas, merci de bien vouloir confirmer votre présence à : berenice.bon@ird.fr

Lieu

  • Salle 105 - Paris Cité, Bâtiment Olympe de Gouges, Place Paul Ricoeur
    Paris, France (75013)

Fotmat de l'événement

  • Événement sur placet

Dates

  • Jeudi 02 julliet 2026
  • Vendredi 03. julliet 2026

Appendice

Mots-clés

  • Afrique subsaharienne, urbanisation, marché foncier, inégalité, mobilisation, propriété

Contact

  • Bérénice Bon
    courriel : berenice [dot] bon [at] ird [dot] fr

CfP: Anarchismes et autonomies queer (French)

3 months 1 week ago

Aubervilliers/France

Cette journée d’étude propose d’explorer les croisements entre anarchismes, autonomies et pensées/pratiques queer, dans un contexte marqué par la montée des autoritarismes, les continuités répressives du libéralisme et les limites des politiques LGBTQ+ assimilationnistes. Elle entend interroger ce que les perspectives queer, féministes, décoloniales, autonomes et anarchistes permettent de penser ensemble : les formes d’organisation collective, les alliances, les résistances à l’État, au capitalisme, au racisme, au patriarcat et à la normalisation sexuelle. Les contributions pourront être empiriques ou théoriques et porter sur les mobilisations queer autonomes, les communs, les espaces militants, l’abolition de l’État ou de la famille, les critiques du travail et de la reproduction sociale, ainsi que les pratiques d’autodétermination corporelle, sexuelle et politique. 

Argumentaire

Il y a quelque chose de vraiment étrange dans le fait de vivre à un moment historique où l’angoisse et le désespoir conservateurs autour de l’idée que les queers feront sombrer la civilisation et ses institutions s’adossent à l’angoisse et au désespoir des queers autour de l’échec ou de l’incapacité du queer à faire sombrer la civilisation et ses instituions, et à leur frustration quant au tournant assimilationniste qu’a pris le mouvement dominant LGBTQ+. 

M. Nelson, Les Argonautes, Paris, Éditions du sous-sol, 2018 (2015), p. 43.

Nous traversons un moment politique où les institutions libérales, de manière parfois spectaculaire et parfois silencieuse, cèdent sous la pression des poussées autoritaires tout en donnant à voir les logiques répressives qui les habitent depuis toujours. Se révèlent, ainsi, non seulement les ruptures entre régimes politico-économiques libéraux et autoritaires, mais aussi leurs continuités. La politique des minorités sexuelles et de genre n’est pas étrangère à ce contexte où une question se pose, parmi tant d’autres : qu’émerge-t-il de queer, d’anarchiste et d’autonome en deçà et au-delà du fascisme et du libéralisme ? 

Cet appel à communications a comme objectif de susciter et de rassembler des réflexions qui interrogent les intersections, les résonances et les dissonances entre la pensée et les mouvements anarchistes ou autonomes et les savoirs et pratiques des minorités sexuelles et de genre. Il s’adresse à tout·e chercheur·euse indépendamment de son statut, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’université. Nous proposons ici de fixer quelques repères pour situer les concepts que cet appel mobilise mais nous avons espoir qu’une partie du travail de recherche et de discussion que cette journée suscitera mènera à retravailler ces catégories et à en questionner les contours. 

À défaut de pouvoir fournir une définition univoque de ce que le terme « queer » peut recouvrir, nous nous contentons ici d’en retenir l’un des gestes théoriques qui ont marqué son articulation avec les féminismes noires et of color dans les théories queer of color anglophones, mais présent aussi dans nombre de théorisations queer racisées et queer décoloniales francophones. Il s’agit du refus de désarticuler la sexualité d’autres rapports sociaux notamment de race, de classe et du colonialisme résistant ainsi à son blanchiment (Bilge, 2016 ; Ferguson, 2003, 2018 ; Halberstam et al., 2005 ; Lakhani, 2020 ; Lmadani et al., 2012 ; Munoz, 2009). Dans le double sillage des mouvements féministes noirs et des mobilisations queer, la production de savoir qui en a découlé dans les approches queer (of color) a été en mesure de proposer des critiques pointues des effets de normalisation et assimilation à la croisée entre capitalisme, racisme, nationalisme et impérialisme depuis plusieurs décennies, et dont l’homonationalisme n’a été sûrement que la plus célèbre (Bacchetta & Falquet, 2011 ; Bakshi, 2024 ; Cohen, 1997 ; Duggan, 2003 ; El-Tayeb, 2011 ; Puar, 2007 ; Rao, 2020 ; Reddy, 2011). Finalement, contre une lecture réductrice de ce que les théories queer permettent de penser, les courants queer of color mettent à mal l’opposition entre approches matérialistes et poststructuralistes en en opérant une synthèse qui oriente cet appel à communications. 

Du terme « anarchisme », nous pouvons d’abord en relever deux acceptions. Une première, nominale, qui décrit des formes d’actions politiques qui ont émergées dans le cadre du socialisme libertaire du 19ème siècle en Europe et de ses développements successifs sur d’autres continents. Ces expériences, ancrées dans les pratiques politiques, ont structuré un corpus théorique codifié autour d’un canon d’auteur·ices se réclamant explicitement de l’anarchisme (Bakunin, 1867/1950 ; Goldman, 1910/2006 ; Kropotkin, 1897/2015 ; Malatesta, 1884/2016 ; Proudhon, 1863/1979). Dans une même acception nominale, nous pouvons également mettre en avant une généalogie alternative et parallèle de la pensée anarchiste qui trouve ses racines dans les mouvements de libération noirs étatsuniens de la seconde moitié du 20ème siècle, et dont la Black radical tradition est une manifestation (Robinson, 1983). Dans cet héritage germent les courants de l’anarchisme Noir, posant l’antiblackness/négrophobie comme cible du projet politique anarchiste (Anderson, 2021 ; Anderson & Samudzi, 2018 ; Bagby-Williams et al., 2022 ; Balagoon, 2019 ; Bey, 2020 ; Black Rose Anarchist Federation, 2016 ; Ervin, 2021 ; Tenorio, 2024). Une seconde acception tend, quant à elle, à nommer des modes d’organisation sociale, politique et économique, qu’ils soient contemporains ou historiques, qui tout en ne revendiquant pas toujours le terme d’anarchisme en incarnent ses principes. Cette seconde conception recouvre alors des recherches, notamment en anthropologie, mettant en avant des sociétés aux formes politiques alternatives à celles imposées par la modernité ou plus fondamentalement par l’invention de l’État (Clastres, 1974 ; Graeber, 2004). Elle permet d’établir plus facilement des liens avec les approches décoloniales en détournant une posture parfois dogmatique et en décentrant les référents blancs et européens du canon libertaire (Bufe & Mbah, 1997 ; Galián, 2020 ; Helliker & Walt, 2020 ; Ramnath, 2011, 2019). Finalement, elle ouvre la possibilité de voir l’anarchisme là où il n’est pas nommé comme tel, tant au niveau micro-social qu’à celui de larges organisations politiques territoriales comme les communautés zapatistes au Chiapas ou certaines des expériences historiques de marronnage, pour ne citer que deux exemples. 

Une double valence du même type s’applique à la catégorie de l’autonomie. Elle décrit d’abord un courant non-orthodoxe du marxisme qui voit le jour en Italie dans les années 1970 au sein des luttes ouvrières et étudiantes prônant l’autonomie ouvrière (Turì, 2011). De la rencontre avec les luttes féministe découle dans les mêmes années la campagne internationale “Des salaires pour le travail ménager” (1972) dont les ramifications politiques et théoriques traverseront les décennies (Collectif, 2025 ; Fiorilli, 2023). 

Cet héritage se prolonge dans certaines scènes queer et transféministes italiennes contemporaines nourries par les cultures politiques de l’autonomie, de l’autogestion et des centres sociaux (Marcasciano, 2015). C’est le cas, par exemple, à Bologne, des expériences d’Antagonismo Gay et d’Atlantide, puis du Laboratorio Smaschieramenti[1] et du Movimento Identità Trans[2] (Patrick, 2019) ; à Rome du collectif Cagne sciolte[3] ; à Turin, d’AH ! SqueerTo ![4] ; à Naples, de la Laboratoria TransFemminista Terrona[5] ; ou encore, à l’échelle nationale, du réseau SomMovimento nazioAnale[6] et des assemblées féministes Non Una di Meno[7]. Ces expériences ont contribué à articuler les luttes féministes, queer et trans à une critique plus large du travail, de la famille, de l’État, du capitalisme, du racisme et des formes normatives de subjectivation. 

Pourtant, l’autonomie peut aujourd’hui également désigner un ensemble large de franges des mouvements sociaux des dernières décennies qui pensent la question de l’autonomie politique en termes d’autonomie de classe ou de lutte et d’autonomie vis-à-vis de l’État et dont les manifestations sont politiquement et géographiquement très variées (Dupuis-Déri, 2019b) et avec des implications directes pour les organisations queer of color (Bacchetta, 2026). Cette variété s’accompagne également de pratiques militantes qui peuvent inclure l’action directe, l’autodéfense, l’assembléisme, le refus des chef·fes, etc. (Dupuis-Déri, 2019a ; Graeber, 2009). 

Mais ce sont fondamentalement les théories féministes qui posent le rapport étroit – l’interdépendance même – entre une critique radicale du système d’oppression sexuelle et les approches révolutionnaires communistes et/ou anarchistes. Elles donnent à voir comment le prisme du genre et de la sexualité, en tant que systèmes d’organisation de la société, mène à une « impitoyable critique de tout ce qui existe » dont le communisme/anarchisme sont une partie intégrante (Bottici, 2022 ; Ewanjé-Epée et al., 2017). Cet antagonisme absolu entre féminisme et forces répressives d’État et du capital s’exprime notamment dans les courants féministes de l’abolitionnisme pénal et carcéral (Ricordeau, 2019 ; Ricordeau et al., 2024) qui ont aussi produit des analyses des ordres carcéral et du genre depuis une perspective spécifiquement trans (Stanley & Smith, 2015). En France, comme ailleurs, cela est d’autant plus évident dans les luttes et la pensée afroféministe qui pose centralement la question de l’autonomie politique Noire (Mwasi, 2018 ; Noël, 2022).

Les écrit sur et de l’anarchisme queer/trans se structurent aux États-Unis depuis déjà plusieurs années dans un espace mettant en dialogue les pratiques et théories de l’abolitionnisme, des études trans et des études Noires. Nous pouvons citer la déclaration Anarkata du collectif afrofuturiste Abolitionfuturist[8], l’ouvrage collectif Queering Anarchism (Shannon et al., 2012) ou, plus récemment, le numéro spécial de Transgender Studies Quarterly entitulé « Everything Must Go. Abolition, Antiimperialism, Anarchism » (Lee et al., 2024). 

En France, on observe l’existence d’un champ ancien de critiques queer de la normativité gay et lesbienne, qui se déploie sous des formes variées. Dans une perspective queer foucaldienne, on peut notamment citer les travaux de Sam Bourcier (2017, 2018) qui renouvellent la critique queer/trans du capital. Plus récemment, en croisant approches poststructuralistes, (post-)marxiste, autonomes, écologistes et anarchistes, la revue Trou Noir[9] est devenue un important lieu d’élaboration et de réflexion autour d’une pensée queer renouvelée. La revue a également été porteuse de traductions et circulations de la théorie et politique queer internationale pour le lectorat francophone. Dans les luttes, des collectifs comme les Queers Racisé·e·s Autonomes[10], le Front Monstrueux Insérructionnel[11], les Queer & Trans Révolutionnaires[12] ou le Comité de Libération et d’Autonomie Queer[13], à différents moments et avec des modalités diverses, ont porté l’idée d’une consubstantialité entre luttes queer et autonomie, sans en négliger les tensions. 

Ainsi, alors que la Revue du MAUSS annonçait en 2023 qu’on assistait à un « moment anarchiste » tant dans les pratiques militantes que dans les savoirs[14] (Chanial & Vibert, 2023, p. 8) et que les études et les mouvements queer prolifèrent en France au moins depuis la fin des années 1990 (ZOO), existet-il un champ de l’anarchisme spécifiquement queer ? Quels seraient ses objets et ses approches ? Cette journée d’étude se veut un début de réponse, ouverte, à ces questions. 

Les contributions pourront s’inscrire dans plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, histoire, science politique, philosophie, infocom, etc.) et proposer des résultats ou des hypothèses de recherche issues d’enquêtes empiriques ou de réflexions théoriques. L’anarchisme et l’autonomie queer peuvent y figurer en tant qu’objet d’étude et/ou en tant que cadres d’analyse

Axes

Plusieurs axes d’analyse peuvent se dégager du croisement dont cette journée veut offrir une première reconnaissance : 

Sujets politiques, alliances, et mobilisations 

Tant dans les mouvements que dans les apports théoriques, l’anarchisme/autonomie queer semble à chaque fois préciser et réactualiser les rapports entre une politique de l’identité et une politique de révolution sociale nécessitant, qui plus est, d’orchestrer des réseaux d’alliances mouvants et jamais donnés d’avance. 

  • Quel est le sujet politique d’un anarchisme ou d’une autonomie queer ? Quels mouvements sociaux contemporains ou historiques revendiquent ou peuvent être lus par ces prismes ? 
  • Quelles politiques d’alliance se dessinent depuis ces perspectives ? Avec quelles tensions, quelles frontières, quels échecs ? 
  • Quels modes d’actions sont privilégiés, avec quels effets et quelles contradictions ? 
Commun, communes, espaces et horizons politiques 

L’expérience historique de la Commune ou sa forme abstraite ont su incarner à plusieurs moments un puissant réfèrent capable d’éclairer la possibilité d’une société organisée autrement (Bantigny, 2021 ; Deluermoz, 2020 ; Ross, 2015). Pour rendre compte de la variété d’expériences d’antagonisme vis-à-vis des systèmes de privatisation et de propriété, le cadre des communs a donné naissance à un riche champ d’analyse (Bell, 2019 ; Chanial et al., 2023) avec des déclinaisons spécifiquement queers (Millner-Larsen & Butt, 2018 ; Rebucini, 2025). À la fois la commune et les communs posent la question du rapport à l’espace, son occupation, son détournement, son partage, sa défense. 

De plus, les horizons politiques queer, anarchistes et Noirs semblent puiser dans un double registre : celui de l’utopisme (Jameson, 2005 ; Jones, 2013 ; Munoz, 2009 ; Parker, 2002) et celui de la négativité ou du pessimisme (Bersani, 2010 ; Edelman, 2004 ; Marriott, 2024 ; Wilderson, 2020), les deux révélant une force destructrice dont les tenants et les aboutissements politiques ne convergent pas toujours.

  • Quels horizons politiques nourrissent les anarchismes et autonomies queer ? Lesquels sont contestés ? 
  • Comment l’abolition ou l’exode de l’État et du capital redéfinissent le rapport à l’espace tant théoriquement que dans les pratiques militantes ?
  • Quelles tensions et quelles convergences émergent entre utopisme et négativité ?
  • Quels rapports se dessinent aux sentiments d’échec, de désespoir, d’espoir ou de victoire politique ? 
  • Finalement, pouvons-nous entendre les sujets sexuels minoritaires comme étant le produit de la modernité coloniale et du capitalisme ? (Chitty, 2020 ; Floyd, 2009 ; Foucault, 1994 ; Kidwai et al., 2006 ; Lugones, 2019 ; Thadani, 2016). Si tel est le cas, comment penser la dissolution de ce sujet social et politique à l’aune d’un anarchisme queer ? 
Logiques et structures d’État 

Le champ ouvert par la critique anti-raciste et anti-impérialiste de l’assimilation queer au sein de la nation, des institutions d’état et des logiques néolibérales autour des notions d’impérialisme sexuel, d’homonationalisme (Massad, 2007 ; Puar, 2007), d’homocapitalisme (Rao, 2020) et d’hégémonie sexuelle (Chitty, 2020) a produit des réflexions riches au cours des deux dernières décennies. La montée du fascisme et de l’autoritarisme semble en partie redessiner les contours de l’inclusion des queers tout en en entérinant certains aspects. Certaines structures administratives et législatives qui avaient vu le jour dans le « moment de la diversité et de l’inclusion » restent aujourd’hui en place dans un contexte plus hostile. Les politiques belligérantes et génocidaires de nombreux États semblent à la fois marginaliser et exceptionnaliser la question sexuelle.

Face à l’absence d’une conception unifiée de l’état du côté des penseur·euses anarchistes et de celui des théoricien·nes queer, trans et féministe, comment penser cet objet ? Est-il plus heuristique de le penser comme une « condensation matérielle d’un rapport de forces entre classes » (Poulantzas, 2013), un « méta-champ » (Bourdieu, 2012), une « totalité imaginaire » (Graeber, 2004), une « relation sociale » (Landauer, 1910) ? Avons-nous vraiment besoin d’une théorie aussi générale ? 

De plus, nous invitons à explorer ce que les approches queer et autonomes/anarchistes peuvent éclairer dans le cas d’États postcoloniaux qui, à l’inverse de l’État métropolitain, disposent certes d’outils de domination mais pas d’hégémonie (Guha, 1998) et où les articulations entre état et nationalisme se complexifient (Diouf, 1999). 

  • Depuis une perspective anarchiste queer, comment rénover nos outils analytiques, y compris l’homonationalisme ? Sommes-nous dans un moment post-homonationaliste ?
  • Comment penser l’État du point de vue queer anarchiste ou autonome, ses politiques, ses institutions, ses logiques ? Comment sont-elles combattues ? 
  • Quelles alliances sont (im)possible avec des agences ou des structures administratives ?
  • Quelles voies vers l’abolition de l’État du point de vue queer ?
Capitalisme, travail, production et reproduction 

L’anarchisme et l’autonomie queer ne peuvent ignorer les rapports matériels qui structurent les existences minoritaires. Le capitalisme, en tant que système d’exploitation et de contrôle, s’articule étroitement avec les régimes de genre, de race, de sexualité et de validisme pour produire des hiérarchies sociales et des divisions du travail. Les théories queer of color (Bacchetta & Falquet, 2011 ; Ferguson, 2003), les féminismes marxistes autonomes (Federici, 2017 ; Fortunati, 2022) et les approches de l’anarchisme noir (Bey, 2020) ou des féministes abolitionnistes (Ricordeau, 2019 ; Stanley & Smith, 2015) ont montré comment la production capitaliste repose sur l’exploitation différenciée des corps, des désirs et des affects, tout en naturalisant certaines formes de reproduction sociale (travail domestique, care, travail sexuel, etc.) et en marginalisant d’autres. De même, ces analyses soulignent comment le travail de reproduction sociale (par ex. le travail domestique, le travail carcéral, le travail migratoire ou le travail sexuel) est un terrain où se jouent à la fois la reproduction du capital et la résistance à ses logiques. De plus, elles nous invitent à ancrer le fonctionnement du capital dans des chaines globales situant les pays du Sud et du Nord dans des rapports inégalitaires et produisant des configurations locales de sexe, race et classe spécifiques (Arruzza et al., 2019 ; Bacchetta, 2026). 

Dans ce contexte, les pratiques queer anarchistes et autonomes de refus du travail (Baroque & Eanelli, 2020) de réappropriation des moyens de production (coopératives, squats, jardins communautaires) ou de subversion des rapports de reproduction (communs de care, familles choisies, réseaux de solidarité) interrogent les fondements mêmes de l’économie politique (Lo Iacono, 2014 ; Busarello, 2016). Comment ces pratiques redéfinissent-elles les frontières entre production et reproduction, entre travail et vie ? Comment articuler une critique du capitalisme qui ne réifie pas les sujets queer, mais les considère comme des acteurs centraux de sa transformation ?

  • Comment les théories et les politiques queer anarchistes et autonomes repensent-elles la valeur (au sens marxiste) à l’aune des travaux sur le care, le travail affectif ou le travail sexuel ?
  • Quelles formes de résistance matérielle émergent face à l’exploitation capitaliste des corps queer, racialisés et crip (grèves, autogestion, exode, sabotage) ? o Comment les communs queer (logements, santé, éducation) remettent-ils en cause les fondements de la propriété privée mais aussi de l’État-providence ?
  • En quoi les expériences historiques (communes, squats, coopératives) ou contemporaines (réseaux de solidarité trans, collectifs de travailleur·euses du sexe) offrent-elles des alternatives concrètes ?
  • Comment penser la dissolution du travail (au sens de sa naturalisation capitaliste) sans tomber dans un idéalisme post-travail qui ignorerait les inégalités matérielles ?
La famille (queer) comme champ de bataille

La famille, en tant qu’institution centrale de la reproduction sociale, est un enjeu majeur pour les anarchismes et les autonomies queer. D’un côté, elle est un lieu de normalisation (hétérosexualité obligatoire, division genrée du travail, transmission des privilèges) et un outil de l’État et du capital pour contrôler les corps et les désirs. De l’autre, elle est aussi un espace de résistance : les familles choisies, les réseaux de care informels, les communautés de survie trans ou les collectifs de parents queer bousculent les normes de la parentalité, de la filiation et de la dépendance.

Les travaux classiques de Kath Weston (1991) sur les « families we choose », de Ellen Lewin sur les mères lesbiennes (1993) ou ceux plus récents du collectif Against Equality (Conrad, 2014) ou de Lisa Duggan (2003) sur l’homonormativité ont montré comment les revendications d’inclusion dans la famille bourgeoise (mariage, adoption) peuvent à la fois étendre des droits et renforcer des logiques assimilationnistes. À l’inverse, les pratiques anarchistes de désinstitutionalisation et d’abolition (communes, coparentalités, réseaux de solidarité, insurrections) proposent des alternatives radicales, où la famille n’est plus une donnée naturelle, mais un champ de lutte (Lewis, 2025). Cet axe invite à interroger les imbrications entre abolition de la famille (O’Brien, 2023) et réinvention de formes de vie (collectives et solidaires) (Acquistapace, 2022 ; Rebucini, 2022). 

  • Comment les mouvements queer anarchistes et autonomes articulent-ils la critique de la famille nucléaire avec la nécessité de soutiens matériels (logement, santé, éducation) ?
  • Comment penser la transmission (savoirs, mémoires, ressources) en dehors des cadres hétéronormatifs et capitalistes (Bourcier, 2025 ; Cvetkovich, 2003 ; Hartman, 2008) ?
  • Comment les familles choisies et les réseaux de care queer défient-ils les logiques de l’État et du marché ?
  • Quelles alliances se tissent entre luttes queer, féministes et anticoloniales autour de la reproduction sociale (ex. : luttes pour l’avortement, contre les violences obstétricales, pour les droits des travailleur·euses domestiques) ?
  • Comment les expériences historiques (communes, familles élargies) ou contemporaines (collectifs de parents queer, maisons d’accueil trans) redéfinissent-elles les rapports de dépendance et d’autonomie ?
  • En quoi les expériences trans autonomes (accès aux soins, reconnaissance légale, autodétermination) (Bailey, 2013 ; Raia, 2025) recompose-t-elle les débats sur la famille et la filiation ?
  • Comment articuler une critique de la famille sans reproduire les rhétoriques réactionnaires et racistes (néo-malthusianisme) ou négliger les besoins concrets de protection et de solidarité ?
Corps, désir, sexualité

Les corps, les désirs et les sexualités sont au cœur des luttes queer, à la fois comme terrains de répression (normes hétéronormatives, racialisation, pathologisation, contrôle étatique) et comme espaces de résistance (autodétermination, pratiques dissidentes, création de communs érotiques).

L’anarchisme et l’autonomie en tant que critiques radicales de l’autorité, et les théories queer, en tant que déconstruction des catégories identitaires, offrent des outils pour repenser les rapports entre corps, pouvoir et liberté.

Cet axe invite à interroger :

  • Comment les corps queer, trans, racisés, handicapés sont-ils des sites de lutte contre le capitalisme, l’État et le patriarcat ?
  • Quelles pratiques d’autonomie corporelle émergent (DIY hormonothérapie, réduction des risques, auto-défense contre les violences policières) ?
  • Comment les désirs peuvent-ils être des forces de transformation sociale, plutôt que des objets de consommation ou de contrôle ?
  • Comment articuler une éthique du care avec une politique de la jouissance, sans tomber dans le moralisme ou l’individualisme libéral ?
Modalités d’envoie des propositions

Les propositions de communications sont à envoyer à l’adresse anarchismequeer@proton.me en format PDF avant le 15 septembre 2026

Elles doivent inclure :

  • Titre 
  • Résumé d’environ 500 mots 
  • Notice biographique de l’auteur·e ou des auteur·es d’environ 150 mots - 5 mots clé
Comité d’organisation
  • Francesco Barilà Ciocca (Université Paris Cité – LCSP/CEDREF)
  • Gianfranco Rebucini (CNRS – LAP) 
Comité scientifique
  • Paola Bacchetta (UC Berkeley – GWS),
  • Sandeep Bakshi (Université Paris Cité –ECHELLES),
  • Sam Bourcier (Université de Lille),
  • Ary Gordien (CNRS – URMIS),
  • Gwenola Ricordeau (professeure invitée à l’EHESS de Paris 2025-2026)
Bibliographie 

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Notes

[1] https://smaschieramenti.noblogs.org/

[2] https://www.facebook.com/mit.italia/

[3] https://cagnesciolte.noblogs.org/

[4] https://ahsqueerto.noblogs.org/

[5] https://www.facebook.com/laboratoriatttnapoli/

[6] https://sommovimentonazioanale.noblogs.org/

[7] https://nonunadimeno.wordpress.com/

[8] https://afanarchists.wordpress.com/2019/10/12/anarkata-a-statement/ 

[9] http://www.trounoir.org/

[10] https://www.instagram.com/collectif_QRA/ 

[11] https://friction-magazine.fr/comment-on-a-giletjaune-la-marche-des-fier…;

[12] https://qtresistance.wordpress.com 

[13] https://www.facebook.com/claq.collectif/

[14] Nous sommes heureux de remarquer qu’au moment où nous rédigeons cet appel plusieurs événements scientifiques sont annoncés dont : les journées d’études Anarchisme et Éducation en mai 2026, le colloque Anarchismes et écologies : La nature des anarchistes en novembre 2026, ainsi que le colloque Espaces Anarchistes : pratiques, idées, réseaux (1870-aujourd’hui) en janvier 2027.

Lieu

  • Auditorium de l'Humathèque - 10, cours des Humanités
    Aubervilliers, France (93)

Format de l'événement

  • Événement hybride

Date limite

  • Mardi, 15 septembre 2026

Appendice

Mots-clés

  • anarchisme, autonomie, queer, communs, sexualité, genre

Contact

  • Gianfranco Rebucini
    courriel : gianfranco [dot] rebucini [at] ehess [dot] fr
  • Francesco Barilà
    courriel : francesco [dot] barila [at] sciencespo [dot] fr

CfP: L’urgence (dé)forme-t-elle la démocratie ? (French)

3 months 1 week ago

Rennes/France

Jusqu’à présent, l’urgence a le plus fréquemment été envisagée au prisme de sa propension à engendrer des états d’exception ainsi qu’à détricoter les processus usuels des démocraties libérales. Partant de cette acception, cette Journée d’étude est une invite à envisager positivement certaines incidences de l’urgence sur la démocratie tant à partir du terreau fertile qu’elle pourrait constituer au bénéfice d’une consolidation et de réinventions démocratiques, qu’à la lumière de discours justifiant l’urgence au profit d’une démocratisation de la démocratie.

Argumentaire

Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne en 2017 : s’il était élu à la présidence de la République, il ferait de la « procédure d’urgence [sic] la procédure par défaut d’examen des textes législatifs afin d’accélérer le travail parlementaire1». Cette volonté de normalisation d’un temps accéléré illustre l’idée selon laquelle l’urgence produit une temporalité spécifique : « on entre dans un certain mode d’être du temps, celui de l’immédiateté, de la vitesse, de la rapidité d’action. » (Bouquet, 2013, p. 130)

En effet, même si l’urgence demeure un concept […] difficile à manier théoriquement » (Chollet, 2011, p. 51), elle constitue sans aucun doute une « contrainte temporelle inédite » (Villalba, 2026) aux conséquences particulièrement graves. Elle traduit une forme parmi d’autres de « surcharge du présent » (Laïdi, 1998, p. 9 ; Hartog, 2003), définie comme un « temps impossible » (Chollet, 2011, p. 48). Ce présent peut se manifester par l’avènement d’une situation immédiate, telle qu’une catastrophe d’origine naturelle ou humaine, mais aussi par une situation de crise, caractérisée par une temporalité de long terme (Koselleck, 1988). L’urgence peut donc être conçue comme une exception (Agamben, 2003), mais également comme une norme, lorsqu’elle se mue en état de fait (Bouquet, 2013 ; Rosa, 2010).

Qu’elle soit sanitaire, sociale, climatique, migratoire, voire civilisationnelle, l’urgence n’existe pas en elle-même : elle n’émerge qu’après avoir fait l’objet d’une mobilisation par des acteurs structurés, qu’ils soient issus du secteur public ou de la société civile. La définition même de ce que constitue une urgence fait également l’objet de luttes entre des acteurs aux intérêts divergents. La diversité des acteurs (dé)construisant l’urgence se traduit notamment dans une pluralité des fonctions de l’urgence. Elle peut ainsi à la fois remplir une fonction de légitimation de l’action, visant par exemple à « justifier la concentration, ou l’intensification, des possibilités d’action de l’exécutif [...] » (Le Merrer & Pollaert, 2025, p. 12), mais aussi une fonction d’interpellation, qui se comprend comme « une sollicitation à l’adresse des gouvernants » (Ibid., p. 12).

Le problème de la pression temporelle que constitue l’urgence est particulièrement prégnant en démocratie libérale – régime souvent critiqué pour sa lenteur et son inefficacité (Chalier et Fœssel, 2020) – dont la mauvaise gestion de l’urgence serait prouvée par ses caractéristiques intrinsèques. Ces critiques ne sont pas nouvelles puisque C. Schmitt les formulait déjà, mais peinent toujours à susciter une réponse éteignant la flamme de ces préoccupations. A contrario, certaines postures appellent à déconstruire l’urgence en prenant le temps (Honig, 2014). Face aux critiques de la démocratie, celle-ci pourrait tout aussi bien être le système permettant la construction de principes et de processus nécessaires à la gestion – ou la prévention – de troubles immédiats et profonds : construction d’une égale inclusion, d’une formation d’opinions éclairées sur laquelle il est possible de développer un temps de discussion le plus approprié possible.

Ainsi, comment l’urgence est-elle construite ? La démocratie est-elle compatible avec l’urgence ? Doit-elle nécessairement se compromettre ou possède-t-elle les ressources pour répondre à l’urgence ? Les différentes urgences ont-elles des conséquences identiques ? Existe-t-il une urgence démocratique ?

Pour répondre à ces questionnements, les doctorant·es en science politique de l’Institut de Droit Public et de Science Politique (IDPSP) organisent une journée d’étude le 3 décembre 2026, cherchant à analyser les processus de construction de l’urgence (entendue comme plurielle) et ses conséquences sur la démocratie. En prenant le contre-pied d’une délimitation de l’urgence en tant qu’état juridique, la JE souhaite appréhender cet objet à la fois comme un contexte résultant d’une construction rhétorique par des acteurs et comme « technique majeure, sinon unique, de gouvernement » (Le Mauff, 2024, p. 9 ; Foucault, 2004). Sa dynamique est en ce sens plus subtile, silencieuse, insidieuse. Mais elle offre aussi de nouvelles possibilités d’analyser l’urgence. Au-delà d’une étude de l’urgence vue comme une obstruction inévitable aux processus démocratiques, la JE souhaite également développer une approche qui saisit les potentielles opportunités démocratiques et sociales que pourraient susciter l’urgence.

Nous accueillons des contributions de jeunes chercheur·euses, issu·es de la science politique, proposant des études de cas empiriques, une démarche théorique et/ou comparative s’intéressant à différents types d’urgences et de contextes institutionnels (autoritaire, démocratique...).

Ces contributions doivent s’inscrire dans les trois axes suivants :

Axe 1 : L’urgence comme voie d’appauvrissement démocratique

Le premier axe part d’une interrogation sur les conséquences de l’urgence sur la démocratie, dans ses processus et valeurs, en s’intéressant à sa construction. La rhétorique de l’urgence est-elle davantage mobilisée par certains acteurs ? Peut-on distinguer des acteurs « producteurs » et d’autres « distributeurs » des représentations de l’urgence ? Existe-t-il des constructions différenciées (motivations, espaces investis, stratégies employées) de l’urgence en fonction des acteurs (société civile, corps politique et administratif, corps scientifique) ? Comment ces développements peuvent à leur tour se voir « déconstruire » par d’autres acteurs (ex : climato-sceptiques, vaccinosceptiques) ?

Les contributions se concentrant sur les différentes manières de mettre en scène l’urgence, de la théoriser et de la justifier sont particulièrement bienvenues. Par exemple, quels sont les différents instruments et outils mobilisés par les acteurs pour construire l’urgence (est-ce par les émotions, l’idéologie, la morale, la science, le droit) ?

Enfin, cet axe sera l’opportunité de traiter des conséquences politiques de l’urgence. Pourquoi et comment le discours de l’urgence peut-il abîmer aussi bien les processus institutionnels que les principes fondateurs de la démocratie ? Quels types d’effets l’urgence a-t-elle sur les médiations politiques traditionnelles, telles que le rapport entre gouvernants et gouvernés ? Comment l’urgence peut-elle constituer un vecteur de diffusion/consolidation d’idées politiques ? Lier l’efficacité à la prise de décision en urgence, n’est-ce pas prendre le risque de faire abstraction des conséquences futures d’une telle décision ?

Axe 2 : L’urgence comme opportunité d’un renforcement démocratique et social

Néanmoins, il semble que les conséquences de l’urgence sont loin de nécessairement constituer une compromission de la démocratie. C’est pourquoi ce deuxième axe souhaite s’intéresser à deux hypothèses selon lesquelles les processus démocratiques seraient en mesure de répondre à l’urgence ou de la déconstruire, de dominer ou de dépasser la logique urgencielle plutôt que de s’y plier.

Premièrement, la démocratie en tant que régime possède-t-elle les ressources pour poursuivre « l’impératif de la bonne décision » (Roussin, 2013) et répondre activement aux problématiques soulevées par l’urgence sans se compromettre ? S’agirait-il alors de renforcer les outils de la démocratie représentative et libérale, ou plutôt de recréer des formes de démocraties s’affranchissant du paradigme de la représentation ? Le concept de « démocratie militante » (Aït-Aoudia, 2024 ; Berthout, 2024) pourrait-il s’avérer pertinent afin de limiter les utilisations anti-démocratiques de l’urgence ?

Deuxièmement, l’urgence pourrait, à l’image d’un « kairos » (Hartog, 2020), constituer une fenêtre d’opportunité (Kingdon, 1984) pour ouvrir pour des formes de contestation, de participation ou de réinvention démocratique depuis un « espace public oppositionnel » (Negt, 2007). L’accélération du temps de la décision et/ou la survenue d’un imprévu pourrait permettre, d’une part, de rendre audible le discours oppositionnel et d’autre part, de contester le monopole discursif et décisionnel du pouvoir technocratique. Les contributions s’inscrivant dans cet axe de réflexion sont invitées à s’intéresser à la manière dont les formes d’action collective (mouvements sociaux, groupes de pression, associations) peuvent tirer parti de l’urgence afin de renforcer ou susciter la démocratie.

Axe 3 : La construction d’un approfondissement démocratique par l’urgence

Enfin, le troisième axe constitue une ouverture sur les modalités de construction d’une « urgence démocratique ». Seront ici appréciés les travaux portant sur les acteurs, discours et mobilisations ayant une visée de renforcement démocratique et faisant appel à une rhétorique de l’urgence. Il apparaît en effet que l’« urgence démocratique » est mobilisée par des acteurs pluriels, allant des médias aux intellectuels, en passant par les associations, les organisations internationales et les élites politiques. En outre, le contenu de l’urgence démocratique n’est pas univoque : il concerne tant la participation citoyenne, que la décentralisation et la lutte contre la désinformation, et ce dans divers contextes institutionnels.

Les usages stratégiques et les effets politiques de cette rhétorique pourront également faire l’objet de propositions. La « crise de la démocratie représentative » nécessite-t-elle une réponse urgente ? L’urgence constitue-t-elle une rhétorique efficace pour démocratiser les institutions ? Existe-t-il un « état d’urgence démocratique » (Valiergue, 2023) ?

Modalités de soumission

Cette journée d’étude s’adresse (prioritairement) aux jeunes chercheuses et chercheurs (doctorant·es, docteur·es sans poste, post-doctorant·es, docteur·es récemment titularisé·es).

Nous attendons une proposition de communication de maximum 500 mots (hors références bibliographiques), à transmettre à l’adresse mail suivante : marguerite.marcinkowski@univ-rennes.fr,

avant le 10 juillet 2026.

Les intervenant.es potentiel·les seront contacté·es dès lors que le processus de sélection sera achevé, fin-août.

Information supplémentaire

Une publication collective sera envisagée pour les personnes souhaitant contribuer à la rédaction d’un article inséré dans le dossier thématique d’une revue.

Comité d’organisation
  • Bertrand Bigaud, Doctorant en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
  • Valentin Guillet, Doctorant en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
  • Léandre Lebon, Doctorant en science politique (Université de Rennes, IDPSP-IODE)
  • Marguerite Marcinkowski, Doctorante en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
  • Bruno Ronchi, Doctorant en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
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Kingdon, John. Agendas, Alternatives and Public Policies, Boston, Little Brown and Co, 1984, rééd. New York, Longman, 1995.

Koselleck, Reinhart. Critique and Crisis. Enlightenment and The Pathogenesis of Modern Society, Oxford, Berg publishers, 1988.

Laïdi, Zaki. « L’urgence ou la dévalorisation culturelle de l’avenir », Esprit, Numéro 240, 1998, pp. 8-20.

Le Mauff, Julien. L’empire de l’urgence, ou la fin de la politique, Paris, Presses Universitaires de France, 2024.

Le Merrer, Nicolas et Pollaert Marion (dir.). Urgence, Paris, CNRS Éditions, coll. « Les Essentiels d’Hermès », 2025.

Negt, Oskar. L’espace public oppositionnel, Paris, Payot, coll. « Critique de la philosophie », 2007.

Rosa, Hartmut. Accélération. Une critique sociale du temps, trad. Renault, Didier, Paris, La Découverte, coll. « Théorie critique », 2010.

Roussin, Juliette. « Démocratie contestataire ou contestation de la démocratie ? L’impératif de la bonne décision et ses ambiguïtés », Philosophiques, Volume 40, Numéro 2, 2013, pp. 369-397.

Valiergue, Marinette. « État d’urgence démocratique : comment décider ensemble ? », Note de la Fondation Jean Jaurès En ligne], publiée le 07 avril 2023, https ://www.jean-jaures.org/publication/etat-durgence-democratique-comment-deci…;?post_id=44209&export_pdf=1], consulté le 22 mai 2026.

Villalba, Bruno. « Temporalités négociées, temporalités prescrites. L’urgence, l’inertie, l’instant et le délai » En ligne], in Bernard Hubert et Nicole Mathieu (dir.), Interdisciplinarités entre Natures et Sociétés, Bruxelles, Peter Lang, coll. « EcoPolis », 2016, pp. 89-109, https ://agroparistech.hal.science/hal-01508807v1/document], consulté le 22 mai 2026.

Lieu

  • 9 rue Jean Macé
    Rennes, Frankreich (35)

Format de l'événement

  • Événement hybride

Date limite

  • Vendredi 10 julliet 2026

Mots-clés

  • urgence, démocratie, participation

Contact

  • Marguerite Marcinkowski
    courriel : marguerite [dot] marcinkowski [at] univ-rennes [dot] fr
  • Valentin Guillet
    courriel : valentin [dot] guillet [at] univ-rennes [dot] fr

CfP: Faire culture hors frontière : l’exil russe au XXIe siècle (French and English)

3 months 1 week ago

Grenoble/France

Plus de quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, les ressortissants russes ayant massivement quitté leur pays semblent désormais installés à l’étranger. Bien que leur nombre demeure difficile à établir avec précision, près d’un million de personnes auraient quitté la Russie pour s’installer dans différents pays de l’ex-URSS (Géorgie, Kazakhstan, Arménie…), au Moyen-Orient (Israël, Turquie), en Europe (Allemagne, France, Espagne) ainsi qu’aux États-Unis. Les contributions issues de différentes disciplines relevant des sciences humaines (en particulier sociologie, anthropologie, géographie, histoire, études des médias, linguistique, études culturelles) seront particulièrement appréciées, sans que les études liées aux pratiques artistiques contemporaines (littérature, arts plastiques et visuels, musique, théâtre) soient exclues.

Les motifs de cette émigration sont divers : certains, notamment les journalistes et les acteurs du monde artistique, sont partis parce qu’ils ne pouvaient plus exercer leur métier (« agents de l’étranger » ou « organisations indésirables ») ; d’autres ont émigré pour échapper à la mobilisation ; d’autres, enfin, sont partis à la recherche de meilleures conditions de vie. Il est possible de dessiner les contours sociologiques de cette émigration : ce sont souvent des jeunes urbains éduqués, dotés d’un certain capital économique et culturel, parlant des langues étrangères, ouverts sur le monde, partageant généralement les valeurs démocratiques et ayant, de ce fait, un potentiel d’adaptation assez élevé. Beaucoup travaillent dans les technologies numériques et ont la possibilité d’exercer leur profession en distanciel. Contrairement à ce que pourraient laisser penser les médias occidentaux, les Russes exilés ne sont pas nécessairement politisés et ne font pas systématiquement partie de l’opposition (rapport IFRI, 2023). Bien que tous ne soient pas à proprement parler des acteurs culturels au sens professionnel du terme, chacun participe, par sa condition d’exilé et par les pratiques qu’il développe dans son nouveau contexte socioculturel, au renouvellement d’une culture russe « de l’étranger ».

Se pose dès lors la question des modalités selon lesquelles ces Russes émigrés continuent de produire des contenus et de consommer des biens culturels. La culture est définie par l’UNESCO comme « l’ensemble des traits spirituels, matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société » (Déclaration de Mexico, 1982). Cette définition ne se limite pas aux arts, mais englobe également les modes de vie, les systèmes de valeurs, ainsi que le patrimoine vivant et immatériel. L’ensemble de ces dimensions constitue ce que l’on appelle une communauté. Or, comme l’a montré Catherine Gousseff au sujet de l’émigration russe du XXe siècle (2008), la formation d’une communauté en exil suppose l’existence d’un récit commun. Pour cette population russe récemment émigrée, qui – malgré certains traits partagés – demeure fortement hétérogène sur les plans culturel, politique et économique, un tel « récit commun » est-il possible ? Si oui, sous quelles formes ? Quelle est la place de la guerre dans ce récit ?

Un autre point important est le contact (voire une forme de solidarité) entre les émigrés récents et ceux issus des émigrations précédentes. Depuis le XIXᵉ siècle, l’histoire russe a été profondément marquée par une expérience de l’exil qui était généralement en relation avec des bouleversements politiques. Entre 1917 et 1991, trois vagues d’émigration issues de la Russie bolchévique puis de l’Union soviétique se sont dispersées à travers le monde. La « première », (après la révolution bolchévique de 1917) et la « troisième » (suite à la décision du Comité central du parti de l’URSS qui autorisait des Juifs soviétiques à quitter le pays), comportaient un nombre particulièrement important d’intellectuels et hommes de lettres qui ont contribué à l’émergence d’espaces culturels russophones hors des frontières de la Russie et de l’ex-URSS (Luba Jurgenson, 2023), formant des milieux intellectuels, artistiques et littéraires dynamiques dont certains sont encore actifs aujourd’hui. Or, ces communautés diffèrent évidemment beaucoup des néo-arrivants par leur rapport à la langue et à l’identité russes. Si la préservation de la langue, des traditions et de la religion était une priorité pour les premières vagues, il semble que l’émigration récente se caractérise par une prise de distance vis-à-vis de cette « culture russe traditionnelle » et manifeste un désir d’ancrage plus fort dans les sociétés d’accueil. Comment ces différentes « vagues » interagissent-elles ? Dans quelle mesure leurs visions respectives de « l’identité russe » entrent-elles en conflit ? Enfin, est-il encore pertinent de parler aujourd’hui d’une « diaspora » russe au singulier ?

L’émigration récente est, en partie, professionnelle : au moins 1500 journalistes travaillant pour près de 70 médias ont quitté le pays à cause de la guerre. Les médias russes implantés à l’étranger (Dojd’ à Amsterdam, Meduza à Riga...) contribuent à former et à diffuser une nouvelle culture russe de l’exil (Rodina & Dovbysh, 2025 ; Wiik & Johansson, 2025 ; Yablokov, & Gatov, 2025). Sur quelles ressources s’appuient-ils pour se réinventer à l’étranger ? Comment surmontent-ils les difficultés liées à l’exil, notamment sur le plan financier ? Les chaînes de blogueurs expatriés (Maksim Katz, Iouri Dud’...) et les médias russophones créés après la guerre (« Masha on Russia », « The Breakfast show »...), à l’instar des réseaux sociaux, participent à leur manière à la constitution de communautés transnationales, unissant des communautés russophones exilées dans différents pays autour de valeurs démocratiques et d’un discours politique d’opposition au régime et/ou à la guerre.

Si nous nous intéressons aux acteurs culturels russes, il ne faut pas oublier pour autant que cette « culture russe de l’étranger » est aussi façonnée par les pays d’accueil. Ceux-ci ne se contentent pas de la réceptionner, mais la conditionnent également en donnant accès ou non à leurs dispositifs et structures. Par exemple, des musiciens russes dont la position est politiquement « neutre », ambiguë ou suspecte concernant la guerre en Ukraine ne sont pas invités à se produire sur scène (un exemple français : la DJ russe Nina Kraviz a été retirée de la programmation du festival des « Vieilles Charrues » pour ne pas avoir affiché publiquement son opposition à Vladimir Poutine). Les pays d’accueil sont ainsi en demande d’un discours d’opposition qui soit en conformité avec leur propre agenda politique.

L’exil implique l’émergence de nouvelles formes d’expression, mais aussi de nouvelles modalités de transmission des héritages culturels. Nous souhaitons mettre en lumière les interrogations contemporaines liées à la transmission de la culture. Quels sont les enjeux éducatifs et pédagogiques liés à l’exil récent ? Quel rôle jouent les institutions locales (écoles russes, associations russophones...) dans la transmission de cet héritage, notamment linguistique ? Plus simplement, comment expliquer la guerre en Ukraine aux enfants ?

Les contributions issues de différentes disciplines relevant des sciences humaines (en particulier sociologie, anthropologie, géographie, histoire, études des médias, linguistique, études culturelles) seront particulièrement appréciées, sans que les études liées aux pratiques artistiques contemporaines (littérature, arts plastiques et visuels, musique, théâtre) soient exclues.

Plusieurs axes de réflexion pourront être envisagés (liste non exhaustive) :

1) Productions culturelles :

  • Quelles représentations de l’exil construisent les œuvres d’art contemporaines ?
  • Les questionnements liés à l’identité dans l’art.
  • Que signifie « cinéma russe en exil » ? Quelle réception de ce cinéma par les pays d’accueil ? Comment les trajectoires des réalisateurs et réalisatrices ont-elles été affectées par l’exil ?
  • Pratiques théâtrales hors-frontières : spectacles, festivals...

2) Industries culturelles à l’étranger :

  • Reconfiguration du marché éditorial : « nouveau tamizdat », maisons d’édition russophones implantées à l’étranger après 2022 (France, Allemagne, Israël, Géorgie, Royaume-Uni, Italie...) : stratégies, spécialisation, évolution ; édition simultanée de livres dans plusieurs pays (dont la Russie) ; rencontres littéraires de l’émigration (« La tour des livres » à Prague en 2025)...
  • Industrie culturelle : nouvelle visibilité des artistes russes de l’opposition en Occident ; l’émigration « conjointe » (artistes / producteurs, réalisateurs / public) ; une industrie du cinéma en exil est-elle possible ?

3) La culture et les médias socio-numériques :

  • La réinvention de la culture journalistique
  • Difficultés (financières) et solutions, réorientation des contenus, évolutions (ou non) du public cible, nouvelles méthodes de travail/d’enquête...
  • Comment les réseaux sociaux et les médias contribuent à la consolidation d’une communauté russophone au niveau national/international, et donc d’une nouvelle communauté (par exemple, à travers certains néologismes ou mèmes).

4) Les rapports entre exil russe contemporain et vagues d’émigration au XXe siècle :

  • Comment les acteurs de la culture contemporaine se positionnent-ils par rapport aux émigrés des « vagues » précédentes ?
  • Redéfinition des canons et des références culturelles
  • Mémoire et relecture du passé

5) La perception et l’autoperception des populations russes nouvellement immigrées :

  • Construction des identités collectives et individuelles
  • Accueil institutionnel et dispositifs d’aide
  • Adaptation et ancrage

6) La place des enfants :

  • Transmission (ou non) de la langue russe et bilinguisme
  • Difficultés pratiques, freins sociologiques
  • Institutions pédagogiques
  • La littérature d’enfance et de jeunesse russophone récente

Il serait souhaitable que ces thématiques abordent sous divers angles les questions transversales de l’ancrage territorial, des nouveaux modèles économiques, de l’identité et de la langue.

Modalités de soumission

Langues de travail : français et russe

Les propositions de communication (maximum 500 mots), le titre (provisoire) de la future communication ainsi qu’une courte bio-bibliographie (200 mots) sont à envoyer à l’adresse suivante : colloqueAFR.CESC.2027@gmail.com,

avant le 15 septembre 2026.

Cette journée d’étude fera l’objet d’un numéro thématique dans la Revue russe. En y participant, les intervenants et intervenantes s’engagent à soumettre un article au comité scientifique de la journée d’étude, puis au comité de lecture de la revue.

Financement

L’organisation prend en charge l’hébergement, mais non les frais de transport.

Les intervenants et intervenantes devront donc s’adresser à leurs laboratoires respectifs pour couvrir ces frais.

Comité scientifique

CORRADO Florence, Professeur, Université Bordeaux-Montaigne

DESPRÉS Isabelle, Professeur, Université Grenoble Alpes

GERBER Julie, ATER, Université Grenoble Alpes

KOSSOV Valéry, MCF HDR, Université Grenoble Alpes

NÉRARD François-Xavier, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rédacteur en chef de la Revue russe

ROBERT-BOEUF Camille, CNRS-Miginter, Vice-présidente de l’AFR pour l’enseignement supérieur

THIBONNIER Laure, MCF, Université Grenoble Alpes

Références

Ageeva V., Akopov S., « ‘Global Russians’ : A Case Study of Transnational Actors in World Politics », Europe-Asia Studies, vol. 74, n° 8, 2022, p. 1325-1349.

Akoka Karen, Argaillot Janice, Dominguez Mariana, Hanus Villaverde et Philippe (dir.), « Mémoires de l’exil et des migrations : médiations matérielles et artistiques », ILCEA : Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, 62, 2026, URL : https ://journals.openedition.org/ilcea/25266.

Badiou Alain, Butler Judith, Didi-Huberman Georges, Khiari Sadri, Bourdieu Pierre, Rancière Jacques, Qu’est-ce qu’un peuple ? Paris, La Fabrique Editions, 2013.

Berthomière William, Chivallon Christine (dir.), Les diasporas dans le monde contemporain, Paris, Karthala / Pessac, Maison des Sciences de l’Homme, 2006.

Bolzman, C., Bernardi, L., & Le Goff, J. M. (Eds.), Situating children of migrants across borders and origins : A methodological overview. Springer, 2017.

Bronnikova Olga, Zaytseva Anna, « Les lieux que crée l’exil : les migrants russes à Tbilissi, 2022-2024 », Ethnologie française, vol. 55(3), 2025, p. 187-203.

Byford Andy, « Poslednee sovetskoe pokolenie v Velikobritanii », Neprikosnovennyj Zapas, n° 2(64), 2009.

Byford Andy, “Performing ‘Community’ : Russian Speakers in Contemporary Britain”, in L. Cairns &

S. Fouz-Hernández (Eds.), Rethinking ‘identities’ : cultural articulations of alterity and resistance in the new millennium, Oxford, Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Wien, Peter Lang, 2014, p. 115-139.

Dyachenko-Escalle Liliya, « La pratique du livre manuscrit comme affirmation d’une identité littéraire russe en émigration chez Aleksej Remizov », Revue des études slaves [En ligne], XCIV-1-2 | 2023, mis en ligne le 01 juillet 2023, consulté le 30 mars 2026, URL : http ://journals.openedition.org/res/5904 ; DOI : https ://doi.org/10.4000/res.5904.

Esposito Roberto, Communitas. Origine et destin de la communauté, Paris, Les Prairies ordinaires, 2010.

Evstratov Alexei, Kossov Valery, Després Isabelle, Thibonnier Laure, Research in Exile : Views and Voices from the Slavic World. ILCEA : Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, 53, 2024, URL : https ://journals.openedition.org/ilcea/18541.

Evstratov Alexei, Allisson François, Bibliothèques en dehors de l’Empire : institutions et pratiques culturelles de l’exil russophone (1870-1956), ILCEA : Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, 56, 2024, URL : https ://journals.openedition.org/ilcea/20388.

Fassmann Heinz, Münz Reiner, “European East-West Migrations, 1945-1992”, International Migration Review, n°3, vol. 28, automne 1994, p. 520-538.

Glutz O., Derkach O., Nagel J., Sergeeva M., K. A., “Dimensionalities of exile : First-person accounts of belonging/alienation experiences wrought by emigration from Russia”, Ethnologie française, vol. 55(3), 2025, p. 91-108.

Gomide Bruno Barreto, « Le texte littéraire russe et l’émigration : les trajectoires parallèles de Schostakovsky et Schnaiderman », Brésil(s), 22 | 2022, URL : http ://journals.openedition.org/bresils/13753 ; DOI : https ://doi.org/10.4000/bresils.13753.

Gousseff Catherine, L’exil russe, la fabrique du réfugié apatride (1920-1939), Paris CNRS éditions, 2008.

Huérou (Le) Anne, Daucé Françoise, « Accueillir aux frontières de l’empire », Ethnologie française, vol. 55(3), 2025, p. 155-170.

Inozemtsev Vladislav, “The Exodus of the Century : A New Wave of Russian Emigration”, Russie. Eurasie. Visions, n° 129, Ifri, July 2023.

Kamalov E., Kostenko V., Sergeeva I., Zavadskaya M., “Russia’s 2022 Anti-War Exodus : The Attitudes and Expectations of Russian Migrants”, Ponars Eurasia, 2022, September 6, URL : https ://www.ponarseurasia.org/russias-2022-anti-war-exodus-the-attitudes-and-ex….

Kopnina Helen, East to West Migration. Russian Migrants in Western Europe, Aldershot, Ashgrate, 2005.

Livak Leonid, Histoire culturelle de l’émigration russe en France (1920-1950), Paris, Eur’orbem, 2022.

Lobodenko Kateryna, « Le rôle de la caricature et du cinéma dans la construction de la mémoire collective de l’émigration russe après la Révolution de 1917 », Slovo, 2023, Archives et traces : enjeux, usages et poétiques. Actes des Doctoriales de l’Europe médiane, de l’espace russe et (post)soviétique (DEMEPS 2021), 53, p.39-50.

Makarychev Andrey, « La nouvelle diaspora russe en Estonie : nomades, critiques de Poutine ou opposition politique ? », Revue française de socio-économie, n°31(2), 2023, p. 255-260.

Menegaldo Hélène, Les Russes à Paris 1919-1939, Paris, Editions Autrement, 1998.

Meyer Valentine, « Nadejda Teffi : la langue russe en exil », Scritture Migranti, 2024, 17, p.111-127.

Moreau Shmatenko L., « “On se regroupe plutôt sur la base de loisirs communs, on veut juste avoir du « fun » !” Le rôle des loisirs en russe dans le développement de la communauté russophone en Suisse », Leisure/Loisir, 46(3), 2022, p. 453–475.

Ostromooukhova Bella, “Building Communities Abroad through Children’s Books Publishing”, in Balina Marina, Efimova Svetlana (Eds.), Politics of Text and Image in Children’s Culture, Routledge, 2025.

Polân Pavel, « Emigraciâ : kto i kogda v XX veke pokidal Rossiû », dans Glezer O., Polân P., Rossiâ i ee regiony v XX veke : territoriâ - rasselenie - migracii, Moskva, OGI, 2005, p. 493-519.

Raeff Marc, Russia abroad : a cultural history of the Russian emigration, 1919-1939, New York / Oxford, Oxford university press, 1990.

Rutherford Jonathan (ed.), Identity, community, culture, difference, London, Lawrence and Wishart, 1990.

Said Edward, Réflexions sur l’exil : et autres essais, Arles, Actes sud, 2008.

Struve Nikita, Soixante-dix ans d’émigration russe (1919-1989), Paris, Fayard, 1996.

Tinguy (de) Anne, La grande migration. La Russie et les Russes depuis l’ouverture du rideau de fer, Paris, Editions Plon, 2004.

  • Projets ANR :

« Les exilé·es bélarusses, russes et ukrainien·nes après l’invasion de Ukraine. Politisations, interactions, solidarités et tensions » (2024-2026), coordinateur du projet : Ronan Hervouet, UMR 5116, Université de Bordeaux.

« La littérature russe face à la guerre en Ukraine – ARTATWAR » (2024-2028), coordinatrice : Victoire Feuillebois, GEO UR1340, Université de Strasbourg.

Lieu

  • Maison de la Création et de l'Innovation - MaCI - 339 Av. Centrale, 38400 Saint-Martin-d'Hères
    Grenoble, France (38100)

Format de l'événement

  • Événement hybride

Date limite

  • Mardi 15. septembre 2026

Appendices

Mots-clés

  • exil, culture, médias, arts, littérature, sociologie

Contact

  • Julie Gerber
    courriel : julie [dot] gerber [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Conference "Concepts of Freedom and the Development of Democracy in Great Britain in Historical Comparison"

3 months 1 week ago

Organiser: Arbeitskreis Großbritannien-Forschung; Institut für soziale Bewegungen, Ruhr-Universität Bochum
Host: Institut für soziale Bewegungen, Ruhr-Universität Bochum, im Haus der Geschichte des Ruhrgebiets, Clemensstr. 17-19
Postcode: 44789
City: Bochum
Country: Germany
Takes place: In attendance
Dates: 16.07.2026 - 17.07.2026
Website: https://www.hgr.ruhr-uni-bochum.de/hgr/isb/

German Association for British Studies, and Institute for Social Movements of the Ruhr-University of Bochum, Bochum: Annual Conference 16-17 July 2026, im Haus der Geschichte des Ruhrgebiets, Clemensstr. 17-19, 44789 Bochum, Germany

Concepts of Freedom and the Development of Democracy in Great Britain in Historical Comparison

Registration:
birgit.bublies-godau@rub.de
nobfabian@t-online.de

The participation is free of charge.

Programme

Thursday, July 16, 2026

9:00 – 9:30 Arrival and registration
9:30 – 9:45 Welcoming speeches: Stefan Berger (Bochum), Marius Guderjan (Berlin)

9:45 – 10:30: Introduction
Norbert Fabian (Bochum), The early English Revolution of 1381 and the European History of Freedom and Emancipation
Chair: Stefan Berger (Bochum)

10:30 – 11:00 Coffee break

11:00 – 12:00 First keynote lecture:
Nicholas Vincent (East Anglia), The Magna Carta of 1215 and the History of Liberty
Chair: Birgit Bublies-Godau (Bochum)

12:00 – 13:00 Lunch

13:00 – 14:00 Second keynote lecture:
Lyndal Roper (Oxford), For liberty! The German Peasant’s War of 1525 and the Twelve Articles.
Chair: Stefan Berger (Bochum)

14:00 – 15:30 Panel 1: Conceptualising Liberty
- Andrew Wells (Kiel), Freedom’s Parish: Liberty in the Urban British Atlantic, 1660-1760
- Brigitta Schvéd (Budapest), Public Opinion, Political Media, and the Language of Freedom: Conceptualising Liberty and the Balance of Power in Early Eighteenth-Century British and Habsburg Contexts
Chair: Mathis Gronau (Bochum)

15:30 – 16:00 Coffee break

16:00 – 17:00 Third keynote lecture:
Alan S. Kahan (Paris), ‘Freedom from Fear’. Transatlantic Concepts of Liberalism
Chair: Mathis Gronau (Bochum)

17:00 – 18:30 Panel 2: Socialism and Social Movements in Europe
- Jan de Graaf (Bochum), A Model for All? European Responses to Labour’s 1945 Victory
- Alberto Pantaloni (Turin), Social Movements and Struggles in Britain and Italy at the End of the ‘Golden Age’: a Comparative Study
Chair: Stefan Berger (Bochum)

19:30 Conference dinner

Friday, July 17, 2026

9:00 – 10:30 Panel 3: Political Debates on Freedom, Democracy, and Revolution in the ‘long’ 19th century
- Vicente Pons Marti (Frankfurt am Main), Freedom, Parties, and Opposition. Political Party Debates in Britain from the French Revolution to the Reform Act of 1868
- Birgit Bublies-Godau (Bochum), The European Revolution of 1848/49 and the debate on Christopher Clark, ‘Revolutionary Spring. Fighting for a New World’
Chair: Norbert Fabian (Bochum)

10:30 – 11:00 Coffee break

11:00 – 12:30 Panel 4: Modern Conservativism and Democracy in the ‘short’ 20th century
- Christina Sigrid Schlaich (Freiburg/ Br.), The Politics of ‘Freedom’ in the Making of Democratic Order: Stanley Baldwin and Transnational Public Spheres, c. 1922–1939
- Edmund Neill (London), Conservatism’ Adaption to Democracy in Mid-Twentieth Century Britain
Chair: Mathis Gronau (Bochum)

12:30 – 13:30 Lunch

13:30 – 15:00 Round table and open final discussion: Theories and Concepts of Freedom and Revolution, Democracy and Reform - Comparisons and Responsible Learning from History
Lyndal Roper, Norbert Fabian, Mathis Gronau, Birgit Bublies-Godau
Chair: Marius Guderjan (Berlin)

Contact

Birgit Bublies-Godau, M.A., birgit.bublies-godau@rub.de, und Dr. Norbert Fabian, nobfabian@t-online.de.

CfA: Racial Uplift and Political Struggles in Slave and Post-Slave Societies (Slaveries and Post-Slaveries Journal) (English and French)

3 months 1 week ago

This issue invites original contributions to scholarly research on ideologies of racial uplift in slave and post-slave societies from the late eighteenth century onward. As Slaveries & Post-Slaveries is an interdisciplinary journal, contributions may draw upon one or more fields within the social sciences (history, sociology, political science, ethnography, etc.).

 

Dear colleagues,

The journal Slaveries & Post-Slaveries is pleased to share with you the call for contributions for issue 17 (Spring 2018), whose provisional title is “Racial Uplift and Political Struggles in Slave and Post-Slave Societies.” You will find the full text of the call below and attached, in both French and English.

Proposals for article abstracts, with a maximum length of 5,000 characters (excluding bibliography), should also include your name and institutional affiliation, as well as a short biographical and bibliographical note. They should be sent to the journal’s editorial committee (ciresc.redaction@cnrs.fr) by December 1, 2026. The detailed schedule can be found in the text of the call.

Please feel free to circulate this call widely among your networks.

We thank you in advance for your contributions.

Theme of this Issue

What the English language refers to as racial uplift may be translated into French as “élévation de la race.” Without always designating exactly the same thing, related notions include respectability politics (Higginbotham 1993), racial advancement, racial reform or moral reform, self-help, and even uplift suasion (Kendi 2016). These political ideologies share a common objective: promoting the improvement or advancement of a racialized—and therefore stigmatized—group through a set of practices aimed at resisting racial oppression by elevating both the self and the group in an upward movement toward racial equality and democratic justice (Gaines 1996).

Generally speaking, ideologies of racial uplift propose a dual strategy (Martin-Breteau 2024). Internally, within the community, they seek to strengthen self-esteem and racial pride, and more broadly self-confidence, as a means of protecting individuals from the abjection imposed by the social order. The goal is to transform the negative dispositions internalized through contact with a violently hostile society, and to build the inner confidence necessary to overcome social contempt, encourage courageous action, and achieve justice. In this first sense, racial uplift constitutes a politics of dignity. Externally, beyond the community, ideologies of racial uplift aim to overturn racial “prejudices,” that is, the degrading representations that the dominant group—most often racialized as white—maintains about those considered nonwhite. From this perspective, racial uplift constitutes a symbolic struggle for recognition (Honneth 1995; Lamont 2023), seeking to impose positive representations of nonwhite people against the falsehoods of dominant social representations. In this second sense, racial uplift constitutes a politics of truth.

From a historical perspective, the various ideologies of racial uplift thus developed through a dual movement of social protection and political protest. Contrary to a widespread assumption, they did not emerge at the end of the nineteenth century. Rather, these ideologies appear to have been systematized at the turn of the eighteenth and nineteenth centuries within the framework of the slave institution, particularly in the United States and the Caribbean (Cooper 1972; Gaines 1993; Rael 2002). In the United States, these ideologies exerted their greatest influence during periods of intensified racial oppression: at the height of racial slavery (1830–1860) and, following abolition in 1865, during the establishment of racial segregation (1880–1920) (Brooks 2017). Nevertheless, they remain relevant today (Blume Oeur 2018).

Geographically speaking, tactics of racial uplift have been studied most extensively in the context of U.S. society—a disproportion in scholarly production that may suggest their marginality elsewhere. Yet in the Caribbean, these ideologies also took shape as more or less systematized tactics in the form of what McGraw calls “recognition work.” Indeed, these ideologies and practices of self-elevation circulated throughout the Black Atlantic and beyond. The circulation of the values and ideas of the Haitian Revolution, for example, contributed to the diffusion of certain forms of racial uplift (Byrd 2019; Alexander 2022). Likewise, the Universal Negro Improvement Association founded by Marcus Garvey, originally from Jamaica, became the largest Black political organization of the early twentieth century, with a presence throughout the Atlantic world and an ambition centered on Black “improvement” (Stephens & Ewing 2026).

From a sociological perspective, finally, ideologies of racial uplift were initially promoted by the political, economic, and cultural elites of the Black world, who sought to “guide” their communities along the path toward equality and justice. Those whom W. E. B. Du Bois called the Talented Tenth (Du Bois), and who have also been described as “aristocrats of color” (Gatewood 1990), were in fact the leading advocates of these “equalization strategies” (Lamont & Fleming 2005) between Black and white elites. In the Caribbean, these movements are sometimes referred to as elite reform or middle-class nationalism. Within the framework of the nineteenth-century reform movement in the English-speaking Atlantic world, Black women and their political organizations played a central role in promoting these ideologies (Giddings 1984; Higginbotham 1993; Wolcott 1997; 2001; Parker 2016; Cooper 2017; Pavlevitch 2022). Until today, these ideologies have concerned not only Black people but also other racialized groups, including populations perceived as Arab/Muslim or Asian (Jun 2011; Dazey 2021b).

These ideologies sought to improve the collective condition of the community through social practices aimed at a threefold moral, intellectual, and physical perfection. They proposed an ideal of excellence encouraging individuals to better themselves along these three dimensions through forms of “practice” and “care of the self” (Foucault 2001). As a result, religion (Wheeler 1986; Miller 2003), education (Edmondson 2009; Schenbeck 2012), and self-presentation were probably the three most important domains of social activity for uplifters. The use of photography (Wallace & Smith 2012), clothing (Miller 2009; Miller et al. 2025), cosmetics (Gill 2010), and sport (Martin-Breteau 2024) all served as means of promoting new forms of self-presentation. Economic success could itself be presented as proof of the triple perfection expected of members of the community (Weber 1958). Media outlets, especially the press (Fultz 1995; Anderson 2015; Haywood 2018), served as powerful vehicles for these political tactics.

These ideologies were vigorously criticized, particularly during the eras of the Black Power movement and Black Lives Matter (Frazier 1957; Kendi 2016; Taylor 2016; Malcolm 2022). Far from constituting a politics of emancipation, the pursuit of “respectability” associated with ideologies of racial uplift has been described as a set of bourgeois, paternalistic, conservative, authoritarian, or even reactionary political tactics—which consequently are relatively understudied in the social sciences despite their historical and sociological importance (Rhodes & Joseph 2016). The main criticism holds that racial uplift ignores the sociological, rather than psychological, origins of racial inequality: the prejudices of dominant groups are not the causes but the consequences of racial oppression, which relativizes—or even nullifies—any strategy of liberation based on moral persuasion. Ideologies of racial uplift have also been criticized for their inability to subvert dominant white norms. Since they require the oppressed to prove their humanity in order to obtain equality, they condition justice upon a standard of excellence that is often unattainable. Moreover, this demand contributes to the extension of dominant norms, thereby intensifying relations of domination over the most vulnerable members of stigmatized communities (Lopez Bunyasi & Smith 2019).

Nevertheless, it is undeniable that racial uplift was not a political tactic defended solely by conservative or bourgeois groups. Even in the 1950s-1970s United States, racial uplift was adopted in different forms as a tactic of resistance and survival within a racist society, both by activists in the Black Panther Party for Self-Defense and by followers of the Nation of Islam (Curtis 2002; Matlin 2006). Although they favored different, if not opposing, political tactics, the lives and actions of W. E. B. Du Bois and Booker T. Washington (Moore 2003), as well as Malcolm X and Martin Luther King Jr., were largely structured around this perfectionist demand for self-elevation. Reading their autobiographies reveals the same determination to elevate themselves in order to protect themselves from racist violence and, insofar as possible, eradicate it (Washington 1901; Malcolm X 1999). The reason is that racial uplift did not primarily seek to imitate or flatter the white majority in order to persuade it of its mistaken judgments about nonwhite people; rather, it sought to strengthen what Toni Morrison called the self-regard of Black people—that is, their self-love, understood as a prerequisite for any struggle for liberation.

This special issue therefore aims to propose a historical and geographical genealogy of the ideologies and practices of racial uplift. Rather than portraying the various forms of racial uplift as either heroic or naive, the objective is to analyze, in a methodical and contextualized manner, their intrinsic ambivalence as sets of practices simultaneously adapting to and contesting the established social and racial order (Dazey 2021a; Martin-Breteau 2024). These tactics could thus both challenge and reinforce dominant norms. Although central to the contemporary history of struggles for racial liberation, these ideologies remain relatively understudied in their historical and geographical coherence beyond the United States and even beyond the English-speaking world.

Themes

Contributions may in particular address the following issues:

  • The question of distinctions and hierarchies of class, gender, age, nationality, etc., among both the promoters and the intended recipients of ideologies of racial uplift. Were those advocating racial uplift merely “elites”? Or can one also identify a powerful lineage of these ideologies and practices within the working classes themselves? What forms did they take in those contexts? What were the specific characteristics of racial uplift when promoted by women? To what extent were majority groups themselves concerned with forms of racial uplift, as in what has been called white uplift (Newman 2012; Spahn 2024)?
  • The question of the highly diverse modalities of racial uplift tactics, grounded in an ethic of excellence supporting a range of practices of dignity and truth. In what sense can Black excellence—and more broadly subaltern excellence—historically be understood as a form of resistance? In which domains of social activity did this tactic develop most specifically, and why? Did these tactics not almost always combine a threefold aspiration toward moral, intellectual, and physical excellence? If not, why?
  • The question of the political effectiveness of tactics of racial uplift. Racial uplift is indeed widely regarded as a conservative political tactic. Yet the elevation of the self and the group remains a central framework for forms of primary and secondary socialization aimed at resisting racial abjection and oppression. Why, despite often justified criticisms, does this tactic remain relevant today? Do these tactics consist solely of symbolic and moral struggles for recognition? Do they not also seek the redistribution of economic and political power? Does the theoretical distinction between these two paradigms truly make sense?

We welcome original contributions to scholarly research on ideologies of racial uplift in slave and post-slave societies from the late eighteenth century onward, and that engage with the themes of this call. As Slaveries & Post-Slaveries is an interdisciplinary journal, contributions may draw upon one or more fields within the social sciences (history, sociology, political science, ethnography, etc.).

Submission Procedures

Proposals for article abstracts (in French or English), with a maximum length of 5,000 characters (excluding bibliography), should also include your name and institutional affiliation, as well as a short biographical and bibliographical note. They should be sent to the journal’s editorial committee (ciresc.redaction@cnrs.fr) by December 1, 2026. Feedback on proposals will be provided by January 15, 2027.

Completed articles, of approximately 45,000 characters (including notes and spaces), should be submitted by May 3, 2027. Each article will undergo anonymous peer review by a member of the editorial board and by an external reviewer. Final versions of accepted articles must be completed by December 2027.

Practical guidelines for authors are available here: https://journals.openedition.org/slaveries/2173?file=1

Publication of issue 17 of the journal Slaveries & Post-Slaveries: Spring 2028.

Coordination: 

Audrey Célestine, New-York University

Nicolas Martin-Breteau, Université de Lille

Bibliography

Alexander Leslie M., 2022. Fear of a Black Republic. Haiti and the Birth of Black Internationalism in the United States, Urbana, University of Illinois Press.

Anderson Mia L., 2015. “‘I Dig You, Chocolate City’: Ebony and Sepia Magazines’ Coverage of Black Political Progress, 1971–1977,” Journal of African American Studies, no. 19/4, pp. 398–409.

Blume Oeur Freeden, 2018. Black Boys Apart. Racial Uplift and Respectability in All-Male Public Schools, Minneapolis, University of Minnesota Press.

Brooks Clayton McClure, 2017. The Uplift Generation. Cooperation across the Color Line in Early Twentieth-Century Virginia, Charlottesville, University of Virginia Press.

Byrd Brandon R., 2019. The Black Republic. African Americans and the Fate of Haiti, Philadelphia, University of Pennsylvania Press.

Cooper Britney C., 2017. Beyond Respectability. The Intellectual Thought of Race Women, Urbana, University of Illinois Press.

Cooper Frederick, 1972. “Elevating the Race: The Social Thought of Black Leaders, 1827–50,” American Quarterly, no. 24/5, pp. 604–625.

Curtis Edward E., 2002. “Islamizing the Black Body: Ritual and Power in Elijah Muhammad’s Nation of Islam,” Religion and American Culture: A Journal of Interpretation, no. 12/2, pp. 167–196.

Dazey Margot, 2021a. “Rethinking Respectability Politics,” British Journal of Sociology, no. 72/3, pp. 580–593.

Dazey Margot, 2021b. “Polite Responses to Stigmatization: Ethics of Exemplarity among French Muslim Elites,” Ethnic and Racial Studies, no. 46/4, pp. 686–706.

Du Bois, W. E. B., 1903. “The Talented Tenth,” in Booker T. Washington (ed.), The Negro Problem, New York, James Pott & Compan, pp. 33–75.

Edmondson Belinda, 2009. Caribbean Middlebrow. Leisure Culture and the Middle Class, Ithaca, Cornell University Press.

Foucault Michel, 2001. L’Herméneutique du sujet, Paris, Éditions de l’EHESS/Gallimard/Seuil.

Frazier E. Franklin, 1957. Black Bourgeoisie, Glencoe, Free Press.

Fultz Michael, 1995. “‘The Morning Cometh’: African American Periodicals, Education and the Black Middle Class, 1900–1930,” Journal of Negro History, no. 80/3, pp. 97–112.

Gaines Kevin K., 1993. “Black Americans’ Racial Uplift Ideology as ‘Civilizing Mission’: Pauline E. Hopkins on Race and Imperialism,” in Amy Kaplan & Donald E. Pease (eds.), Cultures of United States Imperialism, Durham, Duke University Press, pp. 433–455.

Gaines Kevin K., 1996. Uplifting the Race. Black Leadership, Politics, and Culture in the Twentieth Century, Chapel Hill, University of North Carolina Press.

Gatewood Willard B., 1990. Aristocrats of Color. The Black Elite, 1880–1920, Bloomington, Indiana University Press.

Giddings Paula, 1984. When and Where I Enter. The Impact of Black Women on Race and Sex in America, New York, William Morrow.

Gill Tiffany M., 2010. Beauty Shop Politics. African American Women’s Activism in the Beauty Industry, Urbana, University of Illinois Press.

Haywood D’Weston, 2018. Let Us Make Men. The Twentieth-Century Black Press and a Manly Vision for Racial Advancement, Chapel Hill, The University of North Carolina Press.

Higginbotham Evelyn Brooks, 1993. Righteous Discontent. The Women’s Movement in the Black Baptist Church, 1880–1920, Cambridge, Harvard University Press.

Honneth Axel, 1995. The Struggle for Recognition. The Moral Grammar of Social Conflicts, Cambridge, MIT Press.

Jun Helen Heran, 2011. Race for Citizenship. Black Orientalism and Asian Uplift from Pre-Emancipation to Neoliberal America, New York, New York University Press.

Kendi Ibram X, 2016. Stamped from the Beginning. The Definitive History of Racist Ideas in America, New York, Nation Books.

Lamont Michèle, 2023. Seeing Others. How Recognition Works—and How It Can Heal a Divided World, New York, Simon & Schuster.

Lamont Michèle & Crystal Fleming, 2005. “Everyday Antiracism: Competence and Religion in the Cultural Repertoire of the African American Elite,” Du Bois Review, no. 2/1, pp. 29–43.

Lopez Bunyasi Tehama & Candis Watts Smith, 2019. “Do All Black Lives Matter Equally to Black People? Respectability Politics and the Limitations of Linked Fate,” Journal of Race, Ethnicity, and Politics, no. 4/1, pp. 180–215.

Malcolm Nigel I., 2022. Rethinking Racial Uplift. Rhetorics of Black Unity and Disunity in the Obama Era, Jackson, University Press of Mississippi.

Malcolm X & Alex Haley, 1999 [1965]. The Autobiography of Malcolm X, New York, Ballantine Books.

Matlin Daniel, 2006. “‘Lift Up Yr Self!’ Reinterpreting Amiri Baraka (LeRoi Jones), Black Power, and the Uplift Tradition,” Journal of American History, no. 93/1, pp. 91–116.

Martin-Breteau Nicolas, 2024. Frontline Bodies. Sports and Black Struggles for Justice since the Late Nineteenth Century, Baltimore, Johns Hopkins University Press.

McGraw Jason, 2014. The Work of Recognition. Caribbean Colombia and the Postemancipation Struggle for Citizenship, Chapel Hill, University of North Carolina Press.

Miller Albert G., 2003. Elevating the Race. Theophilus G. Steward, Black Theology, and the Making of an African American Civil Society, 1865–1924, Knoxville, University of Tennessee Press.

Miller Monica L. et al., 2025. Superfine. Tailoring Black Style, New York, Metropolitan Museum of Art.

Miller Monica L., 2009. Slaves to Fashion. Black Dandyism and the Styling of Black Diasporic Identity, Durham, Duke University Press.

Moore Jacqueline M., 2003. Booker T. Washington, W. E. B. Du Bois, and the Struggle for Racial Uplift, Wilmington, Scholarly Resources.

Newman Richard, 2012. “Good Communications Corrects Bad Manners: The Banneker-Jefferson Dialogue and the Project of White Uplift,” in John Craig Hammond & Matthew Mason (eds.), Contesting Slavery: The Politics of Bondage and Freedom in the New American Nation, Charlottesville, University of Virginia Press, pp. 69–93.

Parker Jeffrey W., 2016. “Sex at a Crossroads: The Gender Politics of Racial Uplift and Afro-Caribbean Activism in Panama, 1918–32,” Women, Gender, and Families of Color, no. 4/2, pp. 196–221.

Pavletich JoAnn (ed.), 2022. Yours for Humanity. New Essays on Pauline Elizabeth Hopkins, Athens, University of Georgia Press.

Rael Patrick, 2002. Black Identity and Black Protest in the Antebellum North, Chapel Hill, University of North Carolina Press.

Rhodes Jane & Ralina L. Joseph, 2016. “African American Representation and the Politics of Respectability,” Souls: A Critical Journal of Black Politics, Culture, and Society, nos 18/2-4.

Schenbeck Lawrence, 2012. Racial Uplift and American Music, 1878–1943, Jackson, University Press of Mississippi.

Spahn Hannah, 2024. Black Reason, White Feeling. The Jeffersonian Enlightenment in the African American Tradition, Charlottesville, University of Virginia Press.

Stephens Ronald J. & Adam Ewing (eds), 2019. Global Garveyism, Gainesville, University Press of Florida.

DOI : 10.5744/florida/9780813056210.001.0001

Taylor Keeanga-Yamahtta, 2016. From #BlackLivesMatter to Black Liberation. Racism and Civil Rights, Chicago, Haymarket Books.

Wallace Maurice O. & Shawn Michelle Smith (eds.), 2012. Pictures and Progress. Early Photography and the Making of African American Identity, Durham, Duke University Press.

Washington Booker T., 1901. Up from Slavery, New York, Doubleday, Page & Co.

Wheeler Edward, 1986. Uplifting the Race. The Black Minister in the New South, 1865–1902, Lanham, University Press of America.

Weber Max, 1958. The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism, traduit de l’allemand par Talcott Parsons, New York, Scribner.

Wolcott Victoria W., 2001. Remaking Respectability. African American Women in Interwar Detroit, Chapel Hill, University of North Carolina Press.

Wolcott Victoria W., 1997. “‘Bible, Bath and Broom’: Nannie Helen Burroughs’s National Training School and African-American Racial Uplift,” Journal of Women’s History, no. 9/1, pp. 88–110.

Date

  • Tuesday, 1 December 2026

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Keywords

  • slavery, post-slavery, history, sociology, political sciences, ethnography

CfP: ‘Halt! Who goes there?’ Registration of residents, travellers and migrants in historical perspectives (Workshop, University of Vienna)

3 months 2 weeks ago

Workshop, 11.2.-12.2.2027, University of Vienna

Monitoring mobility and keeping records of the population and/or individuals present in a state’s territory seems an indispensable element of modern statehood and knowledge-based governance. However, different countries used different criteria, set different priorities, and employed different methods and tools to register and locate people. Even today, there is no universal understanding of population registration.

This workshop aims to discuss the history of population registration from a comparative and interdisciplinary perspective, focussing on Europe from the late 18th to the 20th century. We are particularly interested in the (continuous) monitoring and documentation of the abode or stay of (permanent or temporary) residents as well as travellers or migrants. Our focus is on the practices and uses of registration, as well as on the interactions between those involved in such procedures.

We would like to address the following aspects:

The developments of categories and the making of differences: Registration practices contributed to producing social facts such as “population”, “residents”, or “mobility”. At the same time, registration could be patchy and selective; it differentiated and distinguished between various sections of the mobile and/or sedentary population which, in the eyes of the authorities, required various levels of vigilance. Those authorities openly or secretly classified not only various kinds of strangers, foreigners and types of presence. Citizens too could be subject to different forms of monitoring and documentation, e.g. military conscripts, workers and servants, suspects or criminals, and religious, political, national or ethnic minorities. Registration and monitoring of the population could go beyond a state’s territory and become a matter of international affairs in various respects, e.g. through exchange of information, comparison and adaptation of policies.

Methods and involved parties: Registers constituted a fundamental administrative infrastructure of municipalities and states. The bureaucratic practices of cities and smaller municipalities, of industrial or rural regions, and of areas with intense mobility or tourism followed different agendas and faced different challenges. At the same time, registration was often relied on the reporting practices and cooperation of those who provided lodging or shelter, such as hosts, landlords, innkeepers, hoteliers, employers, wardens, etc. They could be compelled to keep records on guests or employees, deliver information, assess individuals and report suspects. Performing such tasks could conflict or align with their own agendas, administrative needs, and business strategies.

Uses, consequences and ambivalences: Registration is most commonly associated with surveillance and police work as well as the control of mobility. It is considered a feature of a disciplinary state, and – given the potential for persecution or abuse of power – seems almost intrinsically repressive. However, as Breckenridge and Szreter[1] have most prominently highlighted, registration can also signify recognition and acknowledgement of belonging; it may be the prerequisite for claiming entitlements such as voting rights, citizenship, welfare benefits, etc. Consequently, problems could be created by a lack (or denial) of registration, bureaucratic negligence, ambiguities, or errors. What was required or used to identify or verify data?

Perception, experiences and symbolic aspects: Registration could be regarded as an imposition, a nuisance, a threat or a humiliation. However, it could also come to be seen as a mundane formality. Moreover, various forms of voluntary and desired registration exist (i.e. of guests and tourists). Registration documented and reconfirmed status; it made individuals visible and tangible (e.g. in guest lists and address books). The experiences and perceptions of registration as benign or desirable can illustrate the power to normalise bureaucratic routines and encounters as well as official criteria and terms which, as Bourdieu has highlighted, may in the end might appear neutral or even “natural”.

In brief: this workshop aims to explore the interplay of practices and to discuss collective and individual struggles over the terms, conditions and consequences of registration. This includes attempts to enforce or avoid registration, to manipulate or protect data, or to access information on a national or international level.

The two-day workshop will be held at the University of Vienna on the 11th and 12th of February 2027. It is organised by the FWF-funded research project “Categorizing, Registering and Reporting of Mobility and Stay” (10.55776/PAT9328724); principal investigator: Sigrid Wadauer.

Submission guidelines:

  • Please submit an abstract of 300-500 words together with a short biographical note of around 150 words to sigrid.wadauer@univie.ac.at
  • Deadline for submissions: 31.07.2026
  • Notifications of acceptance will be sent by mid-August 2026.

Limited funding for travel and accommodation will be available.

We aim to publish a selection of papers presented at the workshop in an edited volume or a special issue.

Contact:

Sigrid Wadauer

sigrid.wadauer@univie.ac.at

https://wirtschaftsgeschichte.univie.ac.at/

https://www.sigridwadauer.com/

[1] Keith Breckenridge and Simon Szreter, ‘Introduction’, in: idem (eds), Registration and recognition. Documenting the person in world history (Oxford 2012)

CfP: Protest Across Time: Temporalities of Social Movements

3 months 2 weeks ago

Protest is frequently analysed through eventful moments (demonstrations, strikes, occupations, sudden waves of contention) yet contentious politics also unfolds through longer temporal trajectories that shape what actors can do, what they remember, and how they persist. This special issue invites contributions that place temporality at the centre of protest analysis, examining how mobilisation is embedded in sequences, durations, and rhythms that extend beyond the “peak”. We welcome work that theorises and empirically traces how movements are made over time: through organisational reproduction, cycles of learning, intergenerational transmission, and the gradual reworking of repertoires. The aim of this issue is to strengthen the dialogue between social movement studies and historical sociology. Contributions with explicit temporal references (such as archival research, longitudinal designs, and comparative-historical approaches) that can shed light on the longue durée of conflict in different regions and political histories are particularly encouraged.

A focus on temporality also helps address what event-centred perspectives often overlook: abeyance and latency, the maintenance of networks and infrastructures between cycles, and the slow, cumulative processes through which claims, identities, and tactical capacities are sustained or transformed. We encourage papers that treat “between-cycle” periods not as empty time, but as analytically consequential phases where resources are conserved, solidarity is reproduced, and organisations adapt to shifting political opportunities and constraints. Submissions may explore how memory, commemoration, forgetting, and activist archives operate as mechanisms of continuity and change; how repression, surveillance, and counter-mobilisation reshape trajectories; and how diffusion and sequencing connect protest episodes across places and generations. Comparative contributions that broaden the geographical scope beyond the well-trodden cases of Western Europe and North America are particularly welcome, as are studies that examine how different institutional temporalities (elections, political cycles, regime transitions, economic crises) intersect with the timing of movements to produce distinct patterns of emergence, persistence, and subsequent repercussions.

Finally, the most recent transformations of protest arguably hinge on digital contention and the hybridisation of online and offline repertoires. This special issue therefore explicitly includes digital media and digital sociology within its scope, inviting research on phenomena such as hashtag campaigns, platform-based mobilisation, online boycotts, coordinated “X protests”, collective digital action, and the contentious dynamics surrounding cancel culture and public accountability campaigns. We welcome methodological innovation that connects archival materials, event datasets, life histories, ethnography, and digital trace data, as well as work that reflects on the epistemic opportunities and limits of each approach for studying temporal processes. In general, we seek theoretically ambitious and empirically grounded articles that explain how protests change over time—through mechanisms such as learning, conversion, coalition, and institutionalisation—without losing sight of the multiple temporal scales at which movements operate. Contributions should be addressed to the broad readership of Sociology Lens, offering clear conceptual benefits, comparative advantages, and insights into the perennial question of how time shapes conflict politics.

Topics for this call for papers include but are not restricted to:
  • Long-term trajectories of movements across cycles, including abeyance, suspension, and reactivation.
  • Archival research on protest organisations, repertoires, and infrastructures of continuity.
  • Comparative-historical analyses of protest fields beyond Western Europe and North America.
  • Intergenerational transmission of activist identities, skills, and organisational know-how.
  • Collective memory, commemoration, forgetting, and activist archives as temporal mechanisms.
  • Diffusion and sequencing of repertoires across waves of contention and transnational spaces.
  • Outcomes, legacies, and post-peak organisational recomposition in movement afterlives.
  • Digital contention: hashtags, online boycotts, platform campaigns, and hybrid online-offline mobilisation.
  • Temporalities of repression, surveillance, and counter-mobilisation across protest cycles.
  • Interactions between protest, institutions, and political time in democratisation, authoritarianism, and regime change.

Guest Editors:

Dr. Gomer Betancor Nuez
Universidad Nacional de Educación a Distancia
Spain

Prof. Guya Accornero
Instituto Universitário de Lisboa
Portugal

Keywords: archival research; collective memory; diffusion; digital contention; historical sociology; longitudinal methods; protest cycles; protest; social movements; Temporality

Call for Abstract Instructions

Interested contributors should submit an abstract to the guest editors via email by 01/07/2026. Abstracts (300–400 words) should outline the proposed paper, its empirical basis, and its theoretical contribution. Submissions based on ongoing studies are also welcome, provided that the manuscript is expected to be completed by the submission deadline. The guest editors will respond to the letters of intent within one month after submission, allowing for a quick potential invitation to submit the full manuscript (around 7,000 words). Only the authors whose abstracts are selected by the guest editors will proceed to full submission.

Following peer review, authors will be expected to return their revised manuscripts by 1 December 2026, after which the complete set of papers will be submitted to the journal. Final versions will be submitted by 1 September 2027. On this basis, we anticipate a possible publication window in late 2027 or early 2028.

Abstract submission deadline: 1 July 2026
Full paper submission: 1 September 2027

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49 minutes 2 seconds ago
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